‹ PoésiesChapitre 198 sur 341 · V. 12. Ronsard, Eurymédon et Callirée, chant · texte numérisé non relu

V. 12. Ronsard, Eurymédon et Callirée, chant

Ah I belle Eau-Vive, ali! fille d'un rocher.

VI. — Voyez Pamy, le Cabinet de toilette , Poés. érot. 111, vu, sujet léger cpii coavenail au léger talent de Pamy. — L'éditeur de Parny a heureusement rapproché de ces vers ce passage de Rousseau, Nouvelle Héloïse : « Me voici dans ton rahinel ; me voici dans le sanctuaire de tout ce que mon cœur adore. . . que ce mystérieux séjour est charmant! tout y flatte et nourrit l'ardeur qui me dévore... je crois entendre le son flatteur de ta voix . . . Julie, je te vois, je le sens partout. "

Ces glaces, tant de fois belles de ta présence.

Ces coussins odorants, d'aromates remplis,

Sous tes membres divins tant de fois amollis ; 5

Ces franges en festons que tes mains ont touchées ;

Ces fleurs dans les cristaux par toi-même attachées :

L'air du soir si suave à la hn d'un beau jour,

Tout embrasait mon sang : tout mon sang est amour.

Non, plus de jeux jamais, non, jamais plus d'ivresses lo

N'ont chatouillé ce cœur affamé de caresses.

Ah ! portons dans les bois ma triste inquiétude.

O Camille ! l'amour aime la solitude.

Ce qui n'est point Camille est un ennui pour moi.

Là, seul, celui qui t'aime est encore avec toi.

Que dis-je? Ah ! seul et loin d'une ingrate chérie, 5

Mon cœur sait se tromper. L'espoir, la rêverie,

La belle illusion la rendent à mes feux,

Mais sensible, mais tendre, et comme je la veux :

De ses refus d'apprêt oubliant l'artifice.

Indulgente à l'amour, sans fierté, sans caprice, lO

De son sexe cruel n'ayant que les appas.

Je la feins quelquefois attachée à mes pas ;

.le l'égaré et l'entraîne en des routes secrètes,

Absente, je la tiens (^n des grottes muettes...

VII. — V. li. Ainsi dans Virf,'ilc, En. IV, 8;}, DiJoii sépam- (rKiiée : llliim .'iliscns iihst'ntcni .'iiuliti|iu~ vidt'tqdc.

LI\ KE II — CAiMILLK 223

3Iais présent, à ses pieds m'attendent les rigueurs, 15

Et, pour des songes vains, de réelles douleurs. Camille est un besoin dont rien ne me soulage; Rien à mes yeux n'est beau que de sa seule image. Près d'elle, tout, comme elle, est touchant, gracieux ; Tout est aimable et doux, et moins doux que ses yeux ; 20 Sur riierbe, sur la soie, au village, à la ville, Partout, reine ou bergère, elle est toujours Camille, Et moi toujours l'amant trop prompt à s'enflammer, Qu'elle outrage, qui l'aime, et veut toujours l'aimei-.

O lignes que sa main, que son cœur a tracées!

O nom baisé cent fois! craintes bientôt chassées!

Oui : cette longue route et ces nouveaux séjours.

Je craignais. .. Mais enfin mes lettres, nos amours.

Ma mémoire, partout sont tes chères compagnes. 5

Dis vrai ! Suis-je avec toi dans ces riches campagnes

Où du Rhône indompté l'Arve trouble et fangeux

Voient grossir et souiller le cristal orageux ?

Ta lettre se promet qu'en ces nobles rivages Où Senart épaissit ses immenses feuillages, 10

Des vers pleins de ton nom attendent ton retour. Tout trempés de douceurs, de caresses, d'amoui".

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