‹ PoésiesChapitre 215 sur 341 · LIVRE II ^ CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II ^ CAMILLE

Tiens, c'est ici. Voilà ses jardins solitaires

Tant de fois attentifs à nos tendres mystères; 30

Et là, tiens^ sur ma tète est son lit amoureux,

Lit cliéri, tant de fois fatigué de nos jeux.

Ah! le verre et le lin, délicate barrière,

Laissent voir à nos yeux la tremblante lumière

Qui, jusqu'à l'aube au teint moins que le sien vermeil, 35

Veille près de sa couche et garde son sommeil.

C'est là qu'elle m'attend. Oh! si tu l'avais vue,

Quand, fermant ses beaux yeux, mollement étendue.

Laissant tomber sa tète, un calme pur et frais

Comme aux anges du ciel fait reluire ses traits ! 40

Ah ! je me venge aussi plus qu'elle ne mérite.

Un vain caprice, un rien... Ami, fuyons bien vite;

Fuyons vite, courons. Mes projets seront sûrs

Quand je ne verrai plus sa porte ni ses murs.

Mais ne m'a-t-elle pas juré d'être infidèle? Mais n'est-ce donc pas moi qu'elle a banni loin d'elle Mais sa voix intrépide, et ses yeux, et son front, Ne se vantaient- ils pas de m'avoir fait affront ? C'est donc pour essuyer quelque nouvel outrage. Pour l'accabler moi-même et d'insulte et de rage ,

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