LA LAMPE
O nuit! j'avais juré d'aimer cette infidèle ; Sa bouche me jurait une amour éternelle,
V. 66 et suiv. Il y a une situation analogue dans Catulle (VI) ; mais on peut surtout rapprocher de ce passage quelques vers de Méléagre, Anal. I, p. 18, LX, qui, trahi par celle qu'il adore, trouve des preuves d'infidélité dans le désordre et dans l'émotion de la perfide.
XIX. La Lampe est une des plus célèbres élégies d'André ; c'est un sujet qui a toujours fourni aux poètes et aux peintres de charmants tableaux, soit qu'Héro de sa lampe guide les efforts du nocturne nageur, soit que la curieuse Psyché aille, sa lampe à la main, surprendre Éros endormi.
Dans les éd. 1819, 1826, 1833, 1839, cette élégie portait en titre: imité d'Asclk- PIADE ; il y a bien, si l'on veut, quelque lointain rapport entre le début de l'élégie et celui de l'épigramme d'Asclépiade, Anal., I, p. 216, XXV :
A'jyve, crè yàp uapEoùtra Tpl; wfJLOcrev "HpâxXeia
Yiçetv, xoCix ïixei- \\j-^^t, av ô', tl Ôeoç et, Tr,v ôoXi'riv liTâ[xuvov • oxav cpiXov é'voov ifoMaa Ttaîîîiri, àîroffêeCTÔEtç [j.ïix.£ti çwç Tiâpe/s. Mais il n'y a là aucune imitation, et l'on pourrait avec autant de raison rapprocher
Et c'est toi qu'attestait notre commun serment.
L'ingrate s'est livrée aux bras d'un autre amant,
Lui promet de l'aimer, le lui dit, le lui jure, 0
Et c'est encore toi qu'atteste la parjure !
Et toi, lampe nocturne, astre cher à l'amour,
Sur le marbre posée, ô toi, qui, jusqu'au jour,
De ta prison de verre éclairais nos tendresses.
C'est toi qui fus témoin de ses douces promesses. 10
Mais, hélas! avec toi son amour incertain
Allait se consumant et s'éteignit enfin ;
Avec toi les serments de cette bouche aimée
S'envolèrent bientôt en légère fumée.
Près de son lit, c'est moi qui fis veiller tes feux i.>
Pour garder mes amours, pour éclairer nos jeux ;
Et tu ne t'éteins pas à l'aspect de son crime !
de l'élégie d'André l'épigramme d'Agathias, Anal. 111, p. 39,XV11, ou celle de Pliilodcine, Anal. II, p. 87, XVII. Comme M. Sainte-Beuve l'a déjà fait remarquer, c'est Méléagre, Anal. I, p. 21, LXXI, qui a complètement fourni à André le sujet de son élégie. Souvenirs des serments, parjure de l'ingrate, tendre reproche de l'amant à la lampe, tout se trouve en germe dans l'épigramme de Méléagre :
Nul \zçr[, v.cà \\iyyt, ffuvîaTopa; oûtivaç aXXou? ôpxoiç, àXX' {)(j,£a; eïXôjxeO' àfJLcpÔTSpot.
X(I) jjiàv È|jL£ ffTÉpleiv, xelvov S' èyw où tiotî )>£i't]/£tv top.6(7a|j.£v xotv/)v ô' t'iyziE aotpTupîrjv.
Nûv ô' ô [xàv ôpxta çYialv âv Gôari xEÎva 9£p£(j0ai' lùyys., ail ô' Èv -AÔlnoïc, aùxov ôpâi; érÉpwv. Parmi les petits poètes de Y anthologie Méléagre est un des meilleurs ; il a en foule des idées fraîches, des images gracieuses , précieuses un peu , c'est son défaut ; il a souvent de la délicatesse en amour, et l'idée de la lampe est heureuse ; il y revient encore dans d'autres épigrammes {Anal. I, p. 29, Cil et GIll). Properre, II, XV, a dit, se souvenant sans doute du poëte grec :
O me feliccm I o nox milii ciindida ! et , o tu .
Lectiile , deliciis facte bcatc meis ! Quam luulta adposita narratnus verba lucerrin,
Quantaqiie sublato luminc ri\a fuit !
Y. '.). Saint-Lambert, Print., a dit :
Où languit, inchaiiié dans sa }n-isoit de unir . I,c stc'rilc tiabitaiit d'iinr rive ('tran^rrc.