‹ PoésiesChapitre 238 sur 341 · LIVRE II — CAMILLE · texte numérisé non relu

LIVRE II — CAMILLE

Si je l'ai cru longtemps, après votre serment Je vous crois, et jamais une belle ne ment ; Jamais de vos bontés la confidente amie Ke vint m'ouvrir la nuit une porte endormie, Et jusqu'au lit de pourpre, en cent détours obscurs, 85 Guider ma main errante à pas muets et sûrs. Je l'ai cru, pardonnez ; mais ce sera, je pense,... Oui, c'est qu'à mon sommeil plein de votre présence. Un songe officieux, enfant de mes désirs. M'apporta votre image et de vagues plaisirs. 90

Cette faute à vos yeux doit s'excuser peut-être ; Même on cite un ingrat qui vous la fit commettre.

xAdieu, suivez le cours de vos nobles travaux. Cherchez, aimez, trompez mille imprudents rivaux. Je ne leur dirai point que vous êtes perfide, 95

Que le plaisir de nuire est le seul qui vous guide. Que vous êtes plus tendre, alors qu'un noir dessein. Pour troubler leur repos, veille dans votre sein ; Mais ils sauront bientôt, honteux de leur faiblesse, Quitter avec opprobre une indigne maîtresse. 100

Vous pleurerez, et moi, j'apprendrai vos douleurs Sans même les entendre, ou rire de vos pleurs.

V. 101 etsuiv. On peut comparer la fin de cette élégie avec Horace, Epodes, XV ; Tibulle, I, IX, 79; et Catulle, VIII.

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