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LIVRE III — FANNY

Qu'on s'alarme pour elle! A.h ! s'il était des cœurs, l'i Faniîv, que ton éclat eût trouvés insensibles,

Ils ne resteraient point paisibles Près de ton front voilé de ces douces languein-s.

Oui, quoique meilleure et plus belle, Toi-même cependant tu n'es qu'une mortelle ; 20

Je le vois. Mais, du ciel, toi, l'orgueil et l'amour. Tes beaux ans sont sacrés. Ton âme et ton visage

Sont des dieux la divine image ; Et le ciel s'applaudit de t'avoir mise au joui".

Le ciel t'a vue en tes prairies 25

Oublier tes loisirs, tes lentes rêveries ; Et tes dons et tes soins chercher les malheureux ; Tes délicates mains à leurs lèvres amères

Présenter des sucs salutaires, Ou presser d'un lin pur leurs membres douloureux. 30

Souffrances que je leur envie !

Qu'ils eurent de bonheur de trembler pour leur vie. Puisqu'ils virent sur eux tes regrets caressants , Et leur toit rayonner de ta douce présence,

Et la bonté, la complaisance, 35

Attendrir tes discours, plus cliers que tes présents!

Près de leur lit, dans leur chaumière.

Ils crurent voir descendre un ange de lumière,

V. 24. Marnf, Chants divers : Sur la maladie de s'amie : Hélas (Seigneur) ! il semble, tant est belle. Que plaisir prins à la composer telle : Ne souffre pas advenir ocst ontragc.

Que maladie efface, ton onvrage.

Qui des ombres de mort dégageait leur flambeau ; Leurs cœurs étaient émus, comme, aux yeux de la Grèce, 40

La victime qu'une déesse Vint ravir à l'Aulide, à Calchas, au tombeau.

Ah ! si des douleurs étrangères D'une larme si noble humectent tes paupières Et te font des destins accuser la rigueur, 45

Ceux qui souffrent pour toi, tu les plaindras peut-être ;

Et les douleurs que tu fais naître Ont-elles moins le droit d'intéresser ton cœur?

Troie, antique honneur de l'Asie, Vit le prince expirant des guerriers de Mysie 50

D'un vainqueur généreux éprouver les bienfaits. D'Achille désarmé la main amie et sûre

Toucha sa mortelle blessure.

Et soulagea les maux qu'elle-même avait faits.

A tous les instants rappelée, 55

Ta vue apaise ainsi l'Ame qu'elle a troublée.

V. 'i2. Ipliigénie, ail moment où Calchas , grand prêtre et devin de l'armée grecque, allait la frapper, fut soustraite à la mort par Diane, fjui mil une biclie à sa I)lace et la transporta en Tauride; voy. Euripide, Ipfi'ig. en Âiil. liiiO.

V. 50. Télèphe, fils d'Hercule, roi de Mjsie, fut, à l'arrivée des Grecs, blessé par Achille, (]ui seul, selon la réponse de l'oracle, ])ut guérir la jjlessure que sa lance avait faite. Oite histoire héroùpu- et fabuleuse se trouvait racontée, selon le témoignage de Proclus, dans les C/mnls cypriens. Cf. Ilyginus, Fa/>. CI; Scliol. Arist. Nuées, 919. C'était le sujet d'une tragédie perdue d'Euripide. Properce, II, I, 03 : Mysiis et (hrmonia Jiivcnis qiia ciispide vulniis Scnspr.it, liac ipsa cuspidc scnsit opcui. Ovide, Rrmcclf d'amour, 47 :

Viilnus in Jlcrriilco qii.x' qiiondam focciat liostc Vulnoris aiiiilium Pclias liasfa tulit.

Cf. Ovide, Tristes, \, I, 99; Plularque, de Inim. uliiif. VI.

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