‹ PoésiesChapitre 268 sur 341 · V. 2:t. Éd · texte numérisé non relu

V. 2:t. Éd

Kt d'écueil en écueil portera ses douleurs. V. 25. Il y a dans ce vers une ellipse, et aux vers suivants imc confusion de rapports dans les pronoms. Cette plirase doit être comprise ainsi : Mais heureux (celui.

A LE BRUN ET A liRAZAIS 301

Viendra le recueillir, le pousser au rivage ,

Endormir dans ses flancs le poison ennemi,

Réchauffer dans son sein le sein de son ami,

Et de son fol amour étouffer la semence,

Ou du moins dans son cœur ranimer l'espérance ! 30

Qu'il est beau de savoir, digne d'un tel lien,

Au repos d'un ami sacrifier le sien I

Plaindre de s'immoler l'occasion ravie,

Etre heureux de sa joie et vivre de sa vie!

Si le ciel a daigné d'un regard amoureux 35

Accueillir ma prière et sourire à mes vœux, Je ne demande point que mes sillons avides Boivefit l'or du Pactole et ses trésors liquides, Ni que le diamant, sur la pourpre enchahié.

l'ami sauveur) dont le zèle , au milieu du naufrage , vieiidia le recueillir, le pousser au rivage; endormir dans ses flancs {ceux du naufragé) le poison ennemi, réchaufTer dans son sein (le sein de l'ami sauveur) le sein de son ami {celui du naufragé), et de son fol amour {celui du naufragé) étoufler la semence.

V. 29. <( Etouffer la semence. » Même métaphore dans La Fontaine, Ode pour la paix :

Étouffe tous ces travaux Et leurs semences mortelles.

Et dans Racine, Alexandre^W, m :

Étouffe dans mon sang ces semences de guerre. Malherbe, p. 256, a dit, en parlant des ennemis de la France : Marche, va les détruire, éteins-en la semeHce. V. 35. Tibulle, III, m :

At si, pro dulci reditu, qusecumque voventur,

Audiat aversa non meus aure deus :

Nec me régna juvant, ncc Lydius aurifer amnis, Nec quas terrariira sustinet orbis opes. Àndié, comme Horace, Od. l, xxxi, el passini, méprise les richesses, et il s'écrie volontiers, comme Anacréon, XV, et comme Archiloque, Anal. I, p, 42 :

O'j [x.ot rà rûyew toÛ 7ioÀu;(pOao\j jxéXet. Le Pactole, fleuve de Lydie, est célèbre. Midas, Gyges, Crésus, sont connus par leurs richesses, qu'ils tiraient du Pactole. Quoique le plus cher aux poètes, ce n'était pas toutefois le seul fleuve aurifère connu des anciens; voy. Pline, His/. nat. XXXIIl IV.

;i02 É PITRES

Pare mon cœur esclave au Louvre prosterné , 40

Ni même, vœu plus doux! que la main d'Uranie

Embellisse mon front des palmes du génie ;

Mais que beaucoup d'amis, accueillis dans mes bras,

Se ])artagent ma vie et pleurent mon trépas ;

Que ces doctes héros, dont la main de la Gloire 45

A consacré les noms au temple de Mémoire,

Plutôt que leurs talents, inspirent à mon cœur

Les aimables vertus qui firent leur bonheur ;

Et que de l'amitié ces antiques modèles

Reconnaissent mes pas sur leurs traces fidèles. 50

Si le feu qui respire en leurs divins écrits

D'une vive étincelle échauffa nos esprits:

Si leur gloire en nos cœurs souffle une noble envie.

Oh ! suivons donc aussi l'exemple de leur vie :

Gardons d'en négliger la plus belle moitié ; 55

Soyons heureux comme eux au sein de l'amitié.

Horace, loin des flots qui tourmentent Cythère,

Y retrouvait d'un port l'asile salutaire ;

Lui-même au doux ïibulle, à ses tristes amours.

Prêta de l'amitié les utiles secours. (;o

L'amitié rendit vains tous les traits de Lesbie ;

Elle essuya les yeux que fit pleurer Cynthie.

Virgile n'a-t-il pas, d'un vers doux et flatteur.

De Gallus expirant consolé le malheur?

Voilà l'exemple saint que mon cœur leur demande. G5

Ovide, ah! qu'à mes yeux ton infortune est grande ,

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