V. 202. N'est-ce pas la pensée de Théocrile, Idyl. XII
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Laisse gronder le Rhin et ses flots destructeurs,
Muse ; va de Le Brun gourmander les lenteurs.
Vole aux bords fortunés où les champs d'Elysée
De la ville des lis ont couronné l'entrée ;
Aux lieux où sur l'airain Louis ressuscité 5
Contemple de Henri le séjour respecté,
Et des jardins royaux l'enceinte spacieuse.
Abandonne la rive où la Seine amoureuse.
Lente et comme à regret quittant ces bords chéris,
Du vieux palais des rois baigne les murs flétris, 10
Et des fils de Condé les superbes portiques.
Suis ces fameux remparts et ces berceaux antiques
Où, tant qu'un beau soleil éclaire de beaux jours.
Mille chars élégants promènent les amours.
Un Paris tout nouveau sur les plaines voisines i5
S'étend, et porte au loin, jusqu'au pied des collines,
Un long et riche amas de temples, de palais,
m. — Cette épitre semble imitée d'Ovide, Tristes, III, vil :
Vade salutatum subito, perarata, Perillani
Littera, sermonis fida ministra mei.
Aut illam invenies dulci cum matre sedentcm,
Aut inter libres Pieridasque suas.
Quidquid aget, cum te scierit venisse, rdinquet :
?fec mora, quid venias, quidve requiret, agani.
V. 2. André s'adresse à sa muse, comme Horace dans VÉpi/ie à Ce/sus, I, viii :
Celso gaudere et bene rem gerere Albinovano, Musa rogata, refer, comiti scribxque Neronis.
V. 10. Le Brun était alors logé au Louvre; mais l'été sans doute il allait liahifer Passy : c'était là son Hélicon, comme le dit André. Y. 11. Le Brun était né à l'hôtel de Conti.
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D'ombrages où l'été ne pénètre jamais :
C'est là son Hélicon. Là, ta course fidèle
Le trouvera peut-être aux genoux d'une belle. 20 m
S'il est ainsi, respecte un moment précieux ; ■
Sinon, tu peux entrer ; tu verras dans ses yeux,
Dès qu'il aura connu que c'est moi qui t'envoie,
Sourire l'indulgence et peut-être la joie.
Souhaite-lui d'abord la paix, la liberté, 25
Les plaisirs, l'abondance et surtout la santé.
Puis apprends si, toujours ami de la nature, i
Il s'en tient comme nous aux bosquets d'Epicure ;
S'il a de ses amis gardé le souvenir ; '.
Quelle muse à présent occupe son loisir ; 30 ^
Si Tibulle et Vénus le couronnent de rose, ^
Ou si dans les déserts que le Permesse arrose.
Du vulgaire troupeau prompt à se séparer,
Aux sources de Pindare ardent à s'enivrer,
Sa lyre fait entendre aux nymphes de la Seine 35
Les sons audacieux de la lyre thébaine ;
Que toujours à m'écrire il est lent à mon gré ;
Que, de mon cher Brazais pour un temps séparé, m
Les ruisseaux et les bois, et Vénus, et l'étude,
Adoucissent un peu ma triste solitude. 40
Oui! les cieux avec joie ont embelli ces champs.
Mais, Le Brun, dans l'effroi que respirent les camps,