‹ PoésiesChapitre 28 sur 341 · V. 114. Homère, Epigr. aux Cjméens · texte numérisé non relu

V. 114. Homère, Epigr. aux Cjméens

Ol ô' àiravTivàffÔYiv lep-Piv ÔTia, 9Yi(jMv àoi5-?i;. V. 119-121. Odyssée, VIII, G5 :

Tù) ô' âpa ITovTÔvoo; Ôr^xe âpôvov àpYUpôrjXov (lÉfffftj) ôaiTuixoviov Ttpôi; xîova (laxpôv èpeisa; • xàS 8' èx 7ta(T(7aX6çi xp£[xa(7îv cpôpfxtyYa XtY£tav, aÙToû ûnèp xe^aXt^ç

Dans l'ancienne Gaule comme dans la Grèce antique, les bardes mêlaient leurs chants aux repas, ainsi qu'à toutes les cérémonies publiques ou privées. De nos jours encore, dans les tentes tartares, on voit des instruments suspendus, comme chez les Grecs, au pilier par une cheville. La cheville, de bois grossier, d'ivoire ou de métal, jouait un grand rôle dans les mœurs domestiques des anciens. Les armes se suspendaient en trophées dans la grande salle, près de l'àtre {Odyssée, XVI, 284), ou dans une salle spéciale {Odyssée, XXII, 109); celles d'un usage journalier se suspendaient à une cheville près du lit (Eurip. Héc. 920; Théocr. Id. XXIV). On serrait les vêtements dans des coffres souvent de bois précieux (Eurip. Aie. IGO), mais ceux qu'on quittait le soir s'accrochaient à une cheville {Odyssée, I, 440).

V. 12S. Ulysse dit à Démodocus en l'engageant à ciianter, Odyssée, VIII, 49G : A' XEv OTJ |j.oi xaÙTa xotrà (j,otpav xaTaXe^ri:,

— Oui, je le veux ; marchons. Mais où m'entraînez-vous ? Enfants du vieil aveugle, en quel lieu sommes-nous ?

— Syros est l'île heureuse où nous vivons, mon père.

— Salut, belle Syros, deux fois hospitalière! 130 Car sur ses bords heureux je suis déjà venu ;

Amis, je la connais. Vos pères m'ont connu :

Ils croissaient comme vous ; mes yeux s'ouvraient encore

Au soleil, au printemps, aux roses de l'aurore;

.l'étais jeune et vaillant. Aux danses des guerriers, 135

A la course, aux combats, j'ai paru des premiers.

J'ai vu Corinthe, Argos, et Crète, et les cent villes.

Et du fleuve yEgyptus les rivages fertiles;

Mais la terre et la mer, et l'âge et les malheurs,

Ont épuisé ce corps fatigué de douleurs. i40

La voix me reste. A^insi la cigale innocente.

w; âpa TOI iip69pti>v Oeô; wTtaas Oéothv àsiôrjv,

V. 127. « Je le veux, » pour j'y consens. Voy. le Jeu de Paume, v. 267.

V. 128. C'est là le début simple et touchant de VOEdipe à Coloiif de Sophocle ;

Te'xvov TuçXoù yépovto;, 'AvTtyôvri, TÎvaç /(Lpov; à^ÎYjxeO' y^ tîvojv àvSpwv TtoXiv ;

V. 129. C'est par erieur que les éditions précédentes donnent Sîcos ; il n'existe ])as d'île de ce nom ; mais Homère connaissait et avait visité Syros, île fertile qu'il décrit au chant XV de VOdjsséc, 403 ; cf. Straljon, X, v, 8.

V. 138. <<■ Mgjptits, » ancien nom du Nil ; Hom. Odjss. XVII, 'i27, et XIV, 24G. Cf. Strabon, I, ll, 29; Uiodore de Sicile, I, 19. v. 141. Iliade, m, 148 :

OOxaXéytov te xat 'AvTY]vwp

Yir,pat Sri 7ro).£(J.oio Tr£Trau|j.£VOi • àW àyopTiTaî èffOXol, T£TTiy£(j(7iv ÉotxÔTe;, oït£ xaO' uXtjv ÔEvSpEw ècpE!^6[j.£voi oTta XEipiôsffffav Uïffiv ' ToToi âpa 'J'pcjwv riyriTopE; •/^vx' Eut TiOpyt;).

Aiidi'é emploie souveni le verbe (7.v.\vv)/V dans le sens plus {général du prec, il^w, i!;o|/.ai.

Sur un arl)uste assise, et se console et chante. Commençons par les dieux : Souverain Jupiter , Soleil qui vois, entends, connais tout, et toi, mer, Fleuves, terre, et noirs dieux des vengeances trop lentes, \4r, Salut ! Venez à moi de l'Olympe habitantes. Muses ! vous savez tout, vous, déesses ; et nous. Mortels, ne savons rien qui ne vienne de vous. »

£(p£Î;o(Jiat, ... et du latin sedere, alors qu'en français on dirait plus volontiers placer,

résider, etc. Cf. Hésiode, Op. et dies, b82, eiScut. 394 ; Méléagre, Jnal. I, CX et CXI.

— M. Boissonade, dans ses notes manuscrites, cite ces deux vers charmants d'une fable

de Gingucné :

Tout l'auditoire ailé , sur les brandies assis . Riait et s'amusait de ces joyeux récits.

V. 142. <i Se console, ■> c'est-à-dire se console, en chantant, de la perte de sa première forme himiaine. Platon nous a conservé cette fable antique de la métamorphose des hommes en cigales.

V. 143. Ce vers rappelle le début d'Aratus, Phxnom. : » 'Ex Aiô; àpxw(i£c9a. » et de Cicéron : « Ab Jove Musarum primordia. » Virg. Egl. III, GO; Galpurnius, Égl, IV, 82. — Ce passage est imité d'Homère, //. III, 27fi : Zeù Tziziç, "lôviôev (ascécov, xûSiare, [jieYtate, 'HÉXtôç 6', 5; Tràvc' èçopà; xai itàvr" èiïaxoûstç, xat ÏIoxatAoî xaî Faîa, xai o° ÛTrévepÔe xafjiévTa; àv9pw7to\jç "civviofiov, ôtiç x' Èutopxov ôfAÔffffr), yjASiç [iàpTupoi é'(7T£, 9uXâCTCT£T£ S' opxia TltUTci. Ces vers ont inspiré plus d'un poète. Cf. Hésiode, Op. et dies, 8. Eschyle, Prom. encliaùié, 88, dans une magnifique invocation, surpasse Homère lui-même. C'est dans les occasions les plus solennelles que les anciens invoquaient ainsi les puissances célestes et terrestres. Voy. YAjax de Sophocle, 830-865; cf. Euripide, Mcdée, 1251.

V. 144. Homère a reproduit la même expression relative au soleil, Odyss. XI, 109. Cf. Orphée, encens du soleil ; Virg. Enéide, IV, 007 ; Ovide, Met. I, 709. — Segrais, Egl. I, a ce mauvais vers :

I.e soleil qui voit tout et qui nous fait tout voir. V. 145. Éd. 1826, 1839 :

Fleuves, terre, et noirs dieux de vengeances trop lentes. V. 146-148. Iliade, 11, 484 :

"E<jTC£TE vûv (101, Moûcrai, 'OXOjXTita 8(«)[iaT' £}(oucrat' û(j.£T; yàp 9£ai eotî, TtàpEaté te, îtjxt t£ ■jiâvta, yi(X£Ïç ôà xXÉo; olov àxoûoiASv oùos tt fôjxEv.

Racine, Phèdre, IV, VI, a dit :

Les (lieux niéniis, les diiiiv de l'Olympe lijiliilants.

Il poursuit ; et déjà les antiques ombrages

Mollement en cadence inclinaient leurs feuillages ; J50

Et pâtres oubliant leur troupeau délaissé,

Et voyageurs quittant leur chemin commencé,

Couraient. Il les entend, près de son jeune guide,

L'un sur l'autre pressés, tendre une oreille avide ;

Et nymphes et syl vains sortaient pour l'admirer, 155

Et l'écoutaient en foule, et n'osaient respirer;

Car en de longs détours de chansons vagabondes

Il enchaînait de tout les semences fécondes.

Les principes du feu, les eaux, la terre et l'air,

Les fleuves descendus du sein de Jupiter, 160

Les oracles, les arts, les cités fraternelles.

Et depuis le chaos les amours immortelles ;

D'abord le roi divin, et l'Olympe, et les cieux.

Et le monde, ébranlés d'un signe de ses yeux.

Et les dieux partagés en une immense guerre, 105

Et le sang plus qu'humain venant rougir la terre,

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