IV. — Lucrèce, V
Arboribusquc datuiu "st variis exiiide per auras
Crescendi magnum immissis certamen habenis. On peut renianiuer que, dans les passages d'auteurs anciens qu'André note sur ses manuscrits, il cite toujours de mémoire.
V. — Ce système naturel des atomes est la base même de la théorie qu'e.\j)ose
Lucrèce au livre I, et (pi'il continue au livre II, comparant connue André cette mul-
liliidc d'alomes à un océan (v. 549) :
Unde, ubi, qua vi et quo p.icto congressa coibiiiit MalerisE tanto in pelago turbaquc aliéna.
VI. — Vojez les mêmes pensées dans Lucrèce, I, 270, et 11, 878.
VIL — (;'esl ce que développe Lucrèce, V, 834 et suiv., eu établissant que ces (léalions n'élaienl que des degrés pour arrivera d'autres créations plus parfaites, ces
périront par plusieurs causes à développer. Alors daulres corps orfi^anisés (^car les or^ji^aries vivants secrets meuvent les végétaux, minéraux (i) et tout) héritèrent de la quantité d'atomes de vie qui étaient entrés dans la composition de celles qui s'étaient détruites, et se formèrent de leurs dé])ris. »
vlil- — C'est au second eliaiit que devait se trouver l'explication ((uil tente de l'origine des religions. H n'en distingue pas même le nom de celui de la superstition pure, et ce qui se rapporte à cette partie du poëiue, dans ses papiers, est volontiers marqué en marge du mot flétrissant â'sKJiS'a'.aovîa.
IX. — « Tout accident naturel dont la cause était inconnue , un ouragan, une inondation, une éruption de volcan, étaient regardés comme une vengeance céleste.. -
X. — « L'homme égaré de la voie, effrayé de quehpies phénomènes terribles , se jeta dans toutes les superstitions , le feu ,
les démons Ainsi le voyageur, dans les terreurs de la nuit ,
regarde et voit dans les nuages des centaures , des lions , des
premiers êtres n'étant oi'ganisés ([ue pour une vie indiviiluelie , et étant impropres à la reproduclion de l'espèce.
(1) Tout en copiant exactement le manuscrit, M. Sainte-Beuve remarque que c'est peut-être animaux qu'il a voulu dire. Si André a réellement voulu dire minéraux, c'est qu'il pensait que la vie est dans tout, et que la transformation de la matière lui constitue une existence, non pas active à la façon des animaux et des végétaux, mais passive.
VIII. — [Par ses plans de poésie physique, eu retournant à Empédocle, André était de plus le contemporain et comme le disciple de Lamarck et de Cabanis; il ne l'es! pas moins de Boulanger et de tout son siècle, par l'explication qu'il tente de l'origine des religions. — Ici l'on a peu à regretter qu'André n'ait pas mené plus loin ses projets: il n'aurait en rien échappé, malgré toute sa nouveauté de style, au lieu commun d'alentour, et il aurait reproduit, sans trop de variantes, le fond de d'Holbach ou de y Essai sur les préjugés. Sainte-Beuve.]
IX. — Lucrèce, V, 1217. Passage célèbre où Bayle prétend (pie Lucrèce a désigné la Providence. Tacite, Annales, I, xxvni, a dit : " Sunt mobiles ad superslitioueni perculsae semel mentes. »
X. — Lucrèce, V, 49. — En parlant de ces fiayeurs des hommes, Lucrèce, VI, .34 :
Nam veluti pueii trépidant, atqiie oiiuiia csecis fn tenebris raefuunt; sic nos in luce timemns Interdum, nihilo qax siint metuenda mngis, quain QiiaE pueri in tenebris pavitant finguntqne fiitura. Cf. Lucrèce, V, 1160.
dragons, et niilk' auties formes fantastiques. Les superstitions prirent la teinture de l'esprit des peuples, c'est-à-dire des climats. Rapide multitude d'exemples. Mais rimltation et l'autorité changent le caractère. De là souvent un peuple qui aime à rire ne voit que diable et qnenfer. »
XI. — Il se réservait pourtant de grands et sombres tableaux à retracer :
" Lorsqu'il sera question des sacrifices humains, ne pas oublier ce que partout on a appelé les jugements de Dieu, les fers rouges, 1 eau bouillante, les combats particuliers. Que d'hommes dans tous les pays ont été immolés pour un éclat de tonnerre ou telle autre cause! — »
Partout sur des autels j'entends mugir Apis liéler le dieu d'Ammon, aboyer Anubis. «
XIL — Mais voici le génie d'expression qui se retrouve :
« Des opinions puissantes, un vaste échafaudage j^olilique ou