V. — Imité d'un souiu'l de Zappi
Il gondolier, sebbcn la iiottc imliriiiiii,
Kenio non posa, e fende il mar spuniantc , de. (les M'is avaient été adressés par M. de Latouclie à M. Rohert au iiioiiiciit de l'impression de l'éd. 1820. Dans les éditions de 1833 et de 183!), ils oui été omis ; peutêtre a-l-on cru qu'ils n'étaient pas d'André. Sans pouvoir rallirnu-r, nous pensons (|ue ces vers sont bien de lui. Tous les mots, toutes les expressions, sont du >ocal)ulaire et de la langue d'André. Il a dû écrire ces vers en Angleterre, où il avait sans doute à sa disposition les livres de M. de la Luzerne. Or, à la Bibliothèque impériale, se trouve un exemplaire de Zappi, (jui a appartenu à M. (fe la Luzerne : Rime dell'avvoeato (;iovam Baltista Feliee Zappi, Venise, 1752 (n» Y 4080, ©G. 1). Le sonnet (|u'André a imité se trouve au tome I'', p. 2!).
SIR lA FRIVOLTTK
Mère du vain caprice et du léger prestige,
La Fantaisie ailée autour d'elle voltige :
^\mplle au corps ondoyant, née de lumière et d'air,
Qui, mieux que l'onde agile ou le rapide éclair,
Ou la glace inquiète au soleil présentée, 5
S'allume en un instant, purpurine, argentée.
Ou s'enflamme de rose, ou pétille d'azur.
Un vol la précipite, inégal et peu sûr.
La déesse jamais ne connut d'autre guide.
Les Rêves transparents, troupe vaine et fluide, 10
D'un vol étincelant caressent ses lambris.
Auprès d'elle à toute heure elle occupe les Ris.
L'un pétrit les baisers des bouches embaumées ,
L'autre', le jeune éclat des lèvres enflammées ;
L'autre, inutile et seul, au bout d'un chalumeau 15
En globe aérien souffle une goutte d'eau.
La reine, en cette cour qu'anime la folie.
Va, vient, chante, se tait, regarde, écoute, oublie.
Et, dans mille cristaux qui portent son palais.
Rit de voir mille fois étinceler ses traits. 20
VI. — V. 5. « La glace inquiète, » dont la réflexion est mol)ile, sans repos; c'est le latiu inquies ou inquietus.
\ . 10. « Troupe vaine, » sans réalité ; c'est le sens de vanus.