‹ PoésiesChapitre 334 sur 341 · SS0>A1)E · texte numérisé non relu

SS0>A1)E

Le nom de Bavus est sans doute une réminiscence du Bavhts, de Virgile, Egl. 111,90.

V. 57. Ce passage rappelle les héros antiques délibérant eu eux-mêmes et s'exluu-

45i DERNlf:RES POÉSIES

Car 1 lioiiiiète homme enfin, victime de l'outrage, ^'^

Dans les cachots, près du cercueil, Relevé plus altiers son front et son langage.

Brillants d'un généreux orgueil.

S'il est écrit aux cieux que jamais une épee

N'étincellera dans mes mains, 65

Dans l'encre et l'amertume une autre arme trempée

Peut cncor servir les humains.

Justice, vérité, si ma bouche sincère,

Si mes pensers les plus secrets ^e froncèrent jamais votre sourcil sévère, 7o

lit si les infâmes progrès.

Si la risée atroce ou (plus atroce injure!)

L'encens de hideux scélérats Ont pénétré vos cœurs d'une longue blessure.

Sauvez-moi ; conservez un bras 7.5

Qui lance votre foudre, un amant cpii vous venge.

Mourir sans vider mon carquois !

Sans percer, sans fouler, sans pétrir dans leur fange

Ces bourreaux barbouilleurs de lois, Ces tyrans effrontés de la France asservie, 80

Égorgée!... O mon cher trésor, O ma phune! Fiel, bile, horreur, dieux de ma vie!

l*ar vous seuls je respire encor.

laiit a la \erlii. C'est ainsi qu'Ulysse {^Iliade , XI, 407), hésitant entre la tuite v\

le (;oin!)at, s'interroge :

'A).).à t(t) |xot Ta-jta çD.o? ôitXsÇaTO 0u|jl6; ; olox yàp ôiTi xa/oi |j.èv àTtoîxovxai uoXeaoïo ■ o; Se x' àptiTcOriT'. \x6.-/r[ Ëvt, tôv ôe [Aoc/.a XP^'*^ éaTà[/.£vat xf aTcfiw;, -Î^t' £'6Xr]T' -Jît' â'oa),' àXXov.

liienlùl, eunnne le liéios d'Iionière, André liaranguera {lireelemeiit son ccrur. \. 77. Voyez la même image dans la première strophe de l'Hymne 111.

SAINT-LAZAKE i5:i

(Juoil nul ne restera pour attendrir l'iiistoire

Sur tant de justes massacrés; 85

Pour consoler leurs fils, leurs veuves, leur mémoire ;

Pour que des brigands abhorrés Frémissent aux portraits noirs de leur ressemblance ;

Pour descendre jusqu'aux enfers Chercher le triple fouet, le fouet de la vengeance, 'JO

Déjà levé sur ces per\ ers ; Poiu' cracher sur leurs noms, pour chanter leur supplice !

Allons, étouffe tes clameiu's ; Souffre, ô cœur gros de haine, affamé de justice.

Toi, Vertu, pleure si je meurs. 95

V, 80. Ici nous avons osé taire une correction hardie ; c'est la seule que nous uoui soyons permise dans tout l'ouvrage. Les éditions portent : Piiur ronsoler leurs fils, leurs veuves et leurs mères. Or il faudrait au moins quatre vers pour remplir la lacune, ce qui est impossible. De plus on aurait forcément quatre vers rimant sur une seule rime masculine en i-és , ce qui est également impossible ; Chénier ne se serait jamais décidé à cette négligence dans des vers aussi relevés et aussi soutenus de ton. — D'ailleurs, si nous commettons une erieur, que M. (îabriel de Cliénier veuille bien la rectifier ; qu'il publie les vers d'André dont il a le mainiscrit entre les mains.

V. 92. M. de Latouche avait, par timidité littéraire, altéré ce vers; la première édition donnait :

Pour insulter leurs nnms, pour cli.inter leur suppliée! V. 94. Magnifique mouvement poélicpie ; il s'adresse à son cœur, connue Ulysse {Odyssée, W, 18):

TÉOÀaOi or), xpotoîï]' xat xûvTEpov aX),o t:6t' eT).yi:.... Passage qu'avait remartpié Platon dans le Pliédon, XLIII. — Et c'est ainsi que dans Sophocle, Trach. 1259, Hercule exiiorte son âme à supporter la souffrance: 'l\y£ vîjv, Ttpiv xrivS' àvaxtvYJTat vôffov, w ({^ujcô iTxXyipà, yâÀuSo; ),'.6oy.6/,),r|Tov aTÔjxiov Ttapiyo'jff', àvàua"j<T£ Poviv, w; ÈTiîyotpTov

TEÀÉoyj' aExoOffiov é'pyov. ,

V. 95. y\. de Latouche a manqué de goût en scindant en trois parties cette belle et dernière élégie d'André Chénier. Quel plus beau vers pourrait clore l'ceuvre et la vie du poète !

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