V. 134. Pour ces détails, voy. Odyssée, IV
V. 143. André a dit, v. 75 : « Xa table au loin circule. » Lycus et ses convives sont placés à une seule et même table ; nous croyons que Riccius, Diss. homer. XXXI V, se trompe lorsqu'il dit : « Sua mensa adponebatur cuique convivœ ; » car Homère, dans Y Iliade, IX, 216, ne parle que d'une table autour de laquelle prennent place Phénix, Ajax, Ulysse, Odios, Eurybate et Achille; seulement, comme ce passage l'indique, les portions étaient placées séparément devant chaque convive. Athénée, IV, x, p. 143, D, dit formellement en parlant d'un cratère rempli de vin qu'on plaçait sur les tables : « Touto xoivri ncxvTe; Ttivoyaiv ol xaxà ttjv xotvriv TpaTte^av. » Ainsi, les convives, suivant leur nombre, pouvaient être divisés par groupes, et il y avait une ou plusieurs tables, ce qui est contradictoire à l'affirmation de Riccius. Mais lorsque des étrangers arrivent au milieu d'un festin, des servantes leur apportent alors, comme dit Chénier, et la table et le pain. Télémaque [Odyssée, I) fait apporter une table à Minerve; Alcinoùs {Odyssée, VII) agit de même à l'égard d'Ulysse. Chez les Cretois (Athénée, IV, X, p. 143, F), cette table, toujours préparée, s'appelait:?! ^^vît) xpà'îïEliajla table xénienne, comme aurait dit Ronsard ; et Tomasini, de Tess. hosp. XXIII, qui cite cet usage d'après Athénée, dit très-justement que c'était une conunu-
Sieds-toi. Tu vas d'abord rassasier ta faim.
Puis, si nulle raison ne te force au mystère, 145
Tu nous diras ton nom, ta patrie et ton père. »
11 retourne à sa place, après que l'indigent
nion. Mais il aurait dû remarquer que cet usage et ce nom donné à la table étaient répandus dans toute la Grèce; car, dans Homère (Odyssée, XIV, 158) , Ulysse prend à témoin cette table d'hospitalité :
"IdTw vùv Zeù; TCpwta Qewv ^eviv) t£ TpiireÇa. V. 145. Odyssée, \\N, 45:
^XX' ëireo, xXk7Îy)v8' fojxsv, yspo^j ôçpa xai aùxô? (jÎToy xal orvoto xop£ffcàjj.£vo; xaià 0v)[jlôv tÎTVt^^ç,, ÔTtirôOev iaa\ xal ômtôcra xïiôe' àvétXrii;.
Cf. Odyssée, I, 123, et passim. — Ce vers a été critiqué*. On a prétendu que les Grecs n'avaient pas de ces délicatesses. L'hospitalité antique était , au contraire, d'une excessive délicatesse, et entièrement basée sur la discrétion. D'abord, il eût été inconvenant de faire des ([uestions à son hôte avant qu'il eût rassasié sa faim et sa soif; l'on voulait montrer , comme le dit Athénée, V, i, p. 185, C, que c'était l'hospitalité elle-même que l'on honorait, et non point tel ou tel homme. Et, même après la communion du pain et du sel, toutes les questions n'étaient pas permises. Dans ces temps reculés, où les voyages étaient presque toujours inséparables d'aventures extraordinaires, l'arrivée d'un étranger était un événement ; son aspect, son costume, son langage, excitaient une curiosité à laquelle se joignait le désir inné chez les lionmies de s'instruire et de s'unir par delà les mers. De là toute une série de questions détaillées, pressantes, mais permises (voy. Odyssée, I, 170; VII, 237 ; XIV, 185, etc.); et, à côté de cette curiosité, que de respect de la personnalité et de la dignité de l'hôte ! Dans VOdyssée, Vil, Ulysse, questionné par Arété, déclare ne vouloir répondre qu'à une partie des questions, et les Phéaciens n'en sont pas choqués. Quand Alcinoûs lui offre un vaisseau monté par cinquante rameurs, il n'a pas encore cru convenable de demander le nom de son hôte ; s'il rompt le silence, ce n'est qu'à la vue des pleurs d'Ulysse, et la brusquerie même de ses paroles cache une sensibilité qui excuse ces questions encore prématurées ; car si Ulysse eût eu <]uelqtic raison qui le forçât an mystère, il eût très-bien su lui répondre : « 0 mon hôte, tu parles à la légère et tu semblés ignorer les usages de l'iiospitalité ; lorsque tu m'auras fêté pendant neuf jours, immolant chaque jour un taureau; lorsque pour la dixième fois paraîtra l'aurore aux doigts de rose, seulement alors tu m'interrogeras. » \oy. Iliade, VI, 174. — C'est pourquoi, dans Homère, chaque fois qu'un héros adresse des questions à son hôte, il sous-entend toujours, ce (ju'André a eu raison d'exprimer, si nulle raison ne te force au mystère. V. 147. Éd. 182G :
Il retourne à sa place; et bicntrtt rindlprciit.
C) M. Ponsard, /•7«etM antiques.
S'est assis. Sur ses mains, de l'aiguière d'argent, Par une jeune esclave une eau pure est versée. Une table de cèdre, où l'éponge est passée, 150
S'approche, et vient offrir à son avide main Et les fumantes chairs sur le disque d'airain. Et l'amphore vineuse, et la coupe aux deux anses. « Mange et bois, dit Lycus ; oublions les souffrances ; Ami, leur lendemain est, dit-on, un beau jour. » 155
Bientôt Lycus se lève et fait emplir sa coupe,
V. 148. Toutes les éditions donnent « clans l' aiguière d'argent. » Celte leçon évidemment fausse provient sans doute d'une mauvaise lecture des manuscrits. C'est bien (Tune aiguière que la jeune esclave verse de l'eau sur les mains du meudifint, au-dessus d'un bassin. Il est facile de le voir dans le passage suivant d'Homère {Odyssée, 1, 13G), dont les vers d'André sont une imitation :
Xépviêa 5' àjAcpÎTroXoç upo^ow iTiiyt\)t tfipovaa., xaX-ô, xpy<7^'^) ^'^^p àpyype'oio XÉêirro;, vî4'0"î9ai' Ttapà 6è ^sctyiv èrâwiaffe tpâTtsî^av. SÏTov S' atôoîiQ xafitY) uapéOiqxe cféçovaa., ziooL-za. TZOkX' ÈTttÔettya, yapiÇotxÉvYi Tiapsôvxwv • ôaiTpôç 3è xp£tù)v Ttivaxa; itapéôrixev àeîpa; TtavToîwv, Ttapà Se (jçt TÎOet )(pûa£ia xOiteXXa.
Cf. Odyssée, IV, 52; VII, 172 ; XV, 135 i Virgile, Enéide, I, 701.
V. 150. On se servait de l'éponge pour essuyer les tables (Odyssée, I, 111), et pour se laver et s'essuyer le visage (Iliade, XVIII, 414).
V. 152. « Le disque d' airain , » exact. Iliade, XI, 630 : yJCkyf.iKO'^ xàveov. Tous les éditeurs, moins FayoUe, ont mis les disques d'airain. On n'apporte au mendiant qu'un plat, qu'une amphore et qu'une coupe.
V. 153. « Vineuse, » qui exhale une odeur de vin. C'est ainsi que Marot, Ballades. cry du jeu de l'empire d'Orléans, a dit :
Laissez à part vos vineuses tavernes.
La coupe à deux anses s'appelait chez les Grecs xyXiÇ, et chez les Romains callx: voy. Macrobe, V, xxi. On se servait de cette coupe dans les repas (Odyssée, XXII, 10), et aussi pour faire des libations aux dieux (Sophocle, OEd. à Colone, 486). V. 156-159. Odyssée, VII, 178 :
K.ai TÔre xïipyxa upofféçYi (AEVoç 'AÀxivôoio" IlovTÔvOï, xpir)Tyipa x£paaffâ(A£voç [lÉôu veÏ[j.ov Ttâdiv àvà [j.£Yapov, ïva xal Ait XEpnixspocûvo) <jTC£Îiio[JL£v, o;0' IxÉTYj'nv àjj.' aîÔoîoiTiv b-Krfiv..
Et veut que l'échanson verse à toute la troupe ,
« Pour boire à Jupiter, qui nous daigne envoyer
L'étranger, devenu l'hôte de mon foyer. »
Le vin de main en main va coulant à la ronde ; iho
Lycus lui-même emplit une coupe profonde,
L'envoie à l'étranger : « Salut, mon hôte, bois.
De ta ville bientôt tu reverras les toits.
Fussent-ils par delà les glaces du Caucase. »
Des mains de l'échanson l'étranger prend le vase, 105
Se lève et sur eux tous il invoque les dieux ;
On boit . Il se rassied, et, jusque sur les yeux
Ses noirs cheveux toujours ombrageant son visage.
V. 158. Exemple remarquable de transition imprévue; le discours direct succède brusquement au discours indirect, comme dans le passage célèbre d'Homère {Iliade, XV, 348), remarqué par Longin, de Subi. XXIII.
V. 160. Les convives se passaient la coupe de main en main ; Odyssée, III, kh :
AÙTap êT^iv <T7i£t«7i(i<; T£ xai £ij?£ai, y; 6£(iiç ècttIv, ôàî xai TouTw £Tt£tTa ôsnaç [Lt\ir\5éo;, oîvoy
ansiaixi
Ronsard, Francîade, I, fait aussi, parmi les convives, tourner les coupes D'un cœur joyeux l'un à l'autre données. V. 161. Ce n'est pas la coupe dont ou s'est servi pendant le repas; Chénier lui donne avec raison l'épitliète de profonde. Virgile, Enéide, I, "23 :
Postquam prima quies epuljs, mensxque remotac, Cratcras magnos statuunt et vina coronant.
Elle s'appelait la coupe commune. Voy. Euripide, Ion, 1177.
V. 162. L'étranger est le premier à qui l'on envoie la coupe. Ainsi dans Y Odyssée , III, 50, Pisistrate dit à Minerve :
"Loi TtpoTÉpto ôwTw 3(py<^£io'^ aXstTov.