‹ PoésiesChapitre 57 sur 341 · V. 228-231 Virgile, Enéide, I, G · texte numérisé non relu

V. 228-231 Virgile, Enéide, I, G

Me quo(|uc per multos similis forlima labores Jactatam hac deraum voluit consistere terra. Non ignara mali, miscris succurrerc disco.

Cf. Sophocle, OE(J. à Colonc, 587. — li y a une pensée semblable dans Homère, mais c'est Ulysse qui, sous les traits d'un mendiant, se souvient ()ue jadis lui aussi eut des jours fortunés {Odyssée, XVll, 419).

V. 233. André a noté dans ces vers un des traits les plus touclianls de la \ie patriarcale des temps licroï(pu's . le serviteur l'ait partie de la famille; sou zèle l'élève jusqu'à son maître, qui, dans la prospérité, donne une part de ses biens à celui qui l'a fidèlement servi. C'est par la bouche d'Kumée , cet antique modèle des serviteurs, qu'Homère [^Odyssée, XIV, (il) nous explique cet usage dans tous ses détails.

V. 240-243. C'est la pensée de Maxime de 'l'yr. Voj. plus liaut, v. 122.

Et quand une mort douce et d'amis entourée Recevra sans douleur sa vieillesse sacrée, Qu'il laisse avec ses biens ses vertus pour appui 250

A des fils, s'il se peut, encor meilleurs que lui !

— Hôte des malheureux, le sort inexorable

Ne prend point les avis de l'homme secourable.

Tous, par sa main de fer en aveugles poussés.

Nous vivons ; et tes vœux ne sont point exaucés. 255

Cléotas est perdu ; son injuste patrie

L'a privé de ses biens ; elle a proscrit sa vie.

De ses concitoyens dès longtemps envié.

De ses nombreux amis en un jour oublié.

Au lieu de ces tapis qu'avait tissus l'Euphrate, 260

Au lieu de ces festins brillants d'or et d'agate,

Où ses hôtes, parmi les chants harmonieux.

Savouraient jusqu'au jour les vins délicieux.

Seul maintenant, sa faim, visitant les feuillages.

Dépouille les buissons de quelques fruits sauvages; 265

Ou, chez le riche altier apportant ses douleurs,

Il mange un pain amer tout trempé de ses pleurs.

Errant et fugitif, de ses beaux jours de gloire ,

Gardant, pour son malheur, la pénible mémoire.

Sous les feux du midi, sous le froid des hivers, 270

V. 254. C'est bien là la fatalité antique qui pousse l'aveugle liumanilé. Sophocle, OEd. à Colorie, 256 (Musg.) :

où yàp t'Sot; âv àôpwv (BpoTwv o;ti: âv, zl

Ôîôç âyoi y') È/çuyE^v cûvaiTo.

V. 258. Tout le passage qui suit semble inspiré de Sophocle, Pliiloct. 181. V. 264. Cf. Virgile, Enéide, III, 649.

V. 270. Ne sont-ce pas les mêmes souiïrances qu'a supportées Antigone et que dépeint Sophocle, O^d. à Coloiie , 363 (Musg.) :

no).>.oT<Ti S' o|j.6poti; -^iXîoy ii xaû(j.aCTt

{j.o;^6oû(ja T).-r|jj.a>v . .......

Seul, d'exil en exil, de déserts en déserts,

Pauvre et semblable à moi, languissant et débile,

Sans appui qu'un bâton, sans foyer, sans asile,

Revêtu de ramée ou de quelques lambeaux,

Et sans que nul mortel attendri sur ses maux 275

D'un souhait de bonheur le flatte et l'encourage ;

Les torrents et la mer, l'aquilon et l'orage.

Les corbeaux et des loups les tristes hurlements

Répondant seuls la nuit à ses gémissements ;

N'ayant d'autres amis que les bois solitaires, 280

D'autres consolateurs que ses larmes amères.

Il se traîne ; et souvent sur la pierre il s'endort

A la porte d'un temple, en invoquant la mort,

— Que m'as-tu dit? La foudre a tombé sur ma tète.

Dieux! ah! grands dieux! partons. Plus de jeux, plus de fête.

Partons. Il faut vers lui trouver des chemins sûrs ;

Partons. Jamais sans lui je ne revois ces murs.

Ah ! dieux! quand dans le vin, les festins, l'abondance,

Enivré des vapeurs d'une folle opulence.

Celui qui lui doit tout chante, et s'oublie, et rit, 290

Lui, peut-être il expire, affamé, nu, proscrit.

Maudissant comme ingrat son vieil ami qui l'aime.

Parle : était-ce bien lui ? le connais-tu toi-même ?

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