‹ PoésiesChapitre 56 sur 341 · V. 215. Voyez V Aveugle, v · texte numérisé non relu

V. 215. Voyez V Aveugle, v

— Je te le dis encore, espérons, étranger.

Que mon exemple au moins serve à t'encourager.

Des changements du sort j'ai fait l'expérience.

Toujours un même éclat n'a point à l'indigence

Fait du riche Lycus envier le destin : 230

J'ai moi-même été pauvre et j'ai tendu la main.

Cléotas de Larisse, en ses jardins immenses,

Offrit à mon travail de justes récompenses.

« Jeune ami, j'ai trouvé quelques vertus en toi ;

Va, sois heureux, dit-il, et te souviens de moi. » 235

Oui, oui, je m'en souviens : Cléotas fut mon père ;

Tu vois le fruit des dons de sa bonté prospère.

A tous les malheureux je rendrai désormais

Ce que dans mon malheur je dus à ses bienfaits.

Dieux, l'homme bienfaisant est votre cher ouvrage ; 240 ■

V^ous n'avez point ici d'autre visible image ;

Il porte votre empreinte, il sortit de vos mains

Pour vous représenter aux regards des humains.

Veillez sur Cléotas ! Qu'une fleur éternelle,

Fille d'une âme pure, en -ses traits étincelle ; 24b

Que nombre de bienfaits, ce sont là ses amours.

Fassent une couronne à chacun de ses jours ;

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