IV. — Voy. Sainte-Beuve, Portr. litt
D'Elysée à mon cœur la paix devient amère,
Et la terre à mes os ne sera plus légère.
Chaque fois qu'en ces lieux un air frais du matin
Vient caresser ta bouche et voler sur ton sein, lo
Pleure, pleure, c'est moi ; pleure, fille adorée ;
C'est mon âme qui fuit sa demeure sacrée,
Et sur ta bouche encore aime à se reposer.
Pleure, ouvre-lui tes bras et rends-lui son baiser. »
Entre autres manières dont cela peut être placé (écrit Chénier), en voici une : Un voyageur, en passant sur un chemin , entend des pleurs et des gémissements, il s'avance; il voit au bord d'un ruisseau une jeune femme échevelée , tout en pleurs , assise sur un tombeau, une main appuyée sur la pierre, l'autre sur ses yeux. Elle s'enfuit à l'approche du voyageur, qui lit sur la tombe cette épitaplie. Alors il prend des fleurs et de jeunes rameaux, et les répand sur cette tombe en disant :
« O jeune infortunée, « 15
(quelque chose de tendre et d'antique) ; puis il remonte à cheval et s'en va la tète penchée et mélancoliquement ; il s'en va
Pensant à son épouse et craignant de moiuir.
Ce pourrait être le voyageur qui conte lui-même à sa famille ce qu'il a vu le matin.
V. 9 et suiv. Dans le Soulialt de Gessiier , la nièiiu' pensée est poétiquement exj)rinicc : « Ah! souvent mon âme viendra planer autour de loi; stnivenl, lorscpie, lenipli d'un sentiment noble et sublime, tu méditeras dans la solitude, un souifie léger ei'lleurcia tes joues : qu'un doux frémissement pénètre alors ton âme ! »
V. 16. Il y a dans Saint-Lambert, automne, nn tableau semblable d'une délieate
(■) André ne saviiit pas rallcmand ; c'est pourquoi nous donnons la traduction d'Ilubcr parue en 1776, et dans laquelle il lisait Gcssner.