V. 132. Éd
Tous juraient de pi'iir nu v.iincro les tyrans. V. 13(i. Sur celte image, voy. plus loin au vers 288. — Rariiu-, Alli. I, I :
Le peuple saint en foule iiioitihiil les portiques. V. 137. Éd. 1826 :
Applaudissint ces vœux aujjustes.
V. 1 i3. On sait que ce fut le 20 juin, jour du solstice d'été, que , dans la salle du Jeu de paume, les représentants jurèrent de ne point se séparer avant d'avoir achevé la constitution.
V. 150. « Du d-rnifi- avenir. » C'est Yultimus des Latins, v. p. 3GG.
A LOUIS DAVID lxxv
Moins belle la comète aux longs crins radieux Enflamme les nuits les plus sombres.
Que faisaient cependant les sénats séparés ?
Le front ceint d'un vaste plumage, Ou de mitres, de croix, d'hermines décorés, 155
Que tentaient-ils d'efforts pour demeurer sacrés ?
Pour arrêter le noble ouvrage ?
Pour n'être point Français ? pour commander aux lois ?
Pour ramener ces temps de leurs exploits, Où ces tyrans, valets sous le tyran suprême, 160
Aux cris du peuple indifférents.
Partageaient le trésor, l'État, le diadème ? Mais l'équité dans leurs sanhédrins même
Trouve des amis. Quelques grands, Et des dignes pasteurs une troupe fidèle, i65
Par ta céleste main poussés,
Conscience, chaste immortelle, Viennent aux vrais Français, d'attendre enfin lassés, Se joindre, à leur orgueil abandonnant des prêtres D'opulence perdus, des nobles insensés no
Ensevelis dans leurs ancêtres.
V, 151. Le mot cr/«* est très-poétique employé ainsi ; Malherbe, p. 1(j8, dit, ce que remarque André :
La discorde aux crins de couleuvre.
La Fontaine, Fal>. V, vi :
Dès que Téthys chassoit Phœbus aux crins dorés. V. 160. Ce vers est la traduction exacte d'un vers d'Eschyle, Pers. 24 :
BaaiX-ri; paCTiXéwi; uTtoyoi [j.£YàXou.
V. 171. Malherbe, p. 64: Ces arrogants... . . . Dans leur honte ensevelis.
Lxxvi LE JEU DE PAUME
Bientôt ce reste même est contraint de plier.
O raison ! divine puissance !
Ton souffle impérieux dans le même sentier Les précipite tous. Je vois le fleuve entier 175
Rouler en paix son onde immense, Et dans ce lit commun tous ces faibles ruisseaux
Perdre à jamais et leurs noms et leurs eaux. O France! sois heureuse entre toutes les mères.
Ne pleure plus des flls ingrats, 180
Qui jadis s'indignaient d'être appelés nos frères : Tous revenus des lointaines chimères,
La famille est toute en tes bras.
Mais que vois-je ? ils feignaient ? Aux bords de notre Seine
Pourquoi ces belliqueux apprêts? iss
Pourquoi vers notre cité reine Ces camps, ces étrangers, ces bataillons français Traînés à conspirer au trépas de la France ? De quoi rit ce troupeau d'eunuques du palais ?
Riez, lâche et perfide engeance ! 190
D'un roi facile et bon corrupteurs détrônés, Riez; mais le torrent s'amasse.
V. 185. Ce mouvement rappelle VOde à la rcinc, de Gilhcrt, (pii débute ainsi Où courent, les cheveux épars.
Ces vierges, ces époux, ces uic-res ? etc. Casimir Delavigne, dans Jeanne d'Arc :
D'où vient ce bruit lugubre? où courent ces guerriers ? etc. Dans Racine, /ttlialie, 111, VU, .load, que Dieu inspire, s'éerie : Où raene/.-vous ces euruiits et ces (ciuuies i
A LOUIS DAVID lxxvii
Riez ; mais du volcan les feux emprisonnés Bouillonnent, Des lions si longtemps enchaînés
Vous n'attendiez plus tant d'audace! 195
Le peuple est réveillé. Le peuple est souverain.
Tout est vaincu. I.a tyrannie en vain, Monstre aux bouches de bronze, arme pour cette guerre
Ses cent yeux, ses vingt mille bras, Ses flancs gros de salpêtre, où mugit le tonnerre : 200
Sous son pied faible elle sent fuir sa terre,
Et meurt sous les pesants éclats Des créneaux fulminants, des tours et des murailles.
Qui ceignaient son front détesté.
Déraciné dans ses entrailles, 205
L'enfer de la Bastille, à tous les vents jeté. Vole, débris infâme et cendre inanimée ; Et de ces grands tombeaux, la belle Liberté,
Altière, étincelante, armée,
Sort. Comme un triple foudre éclate au haut des cieux, 210 Trois couleurs dans sa main agile