‹ PoésiesChapitre 10 sur 341 · V. 194. Éd · texte numérisé non relu

V. 194. Éd

Des lions si longtemps déchai nés.

V. 198. Le verbe armer se rencontre souvent dans le sens de « se servir d'une chose comme d'une arme, la faire passer à l'état d'arme «. Cet emploi de armer est fréquent chez les poètes. Racine, les Frères ennemis, I, m : Voudrait-elle obéir à ce prince inhumain, Qui vient d'armer contre elle et le fer et la faim ?

Boileau, Epit. V :

Je n'arme point contre eux mes ongles émoussés. V. 210. La poétique française interdit généralement les enjambements d'une strophe à une autre; toutefois le rejet du mot sort à la strophe XII n'est pas sans produire un cerlain elfet poétique ; car il est à remarquer que la stroplie XII tout entière est un tableau qui se développe soudain à ce seul mot sort.

Lxxviii LE JEU DE PAUME

Flottent en long drapeau. Son cri victorieux

Tonne : à sa voix, qui sait, comme la voix des dieux,

En homme transformer l'argile, La terre tressaillit. Elle quitta son deuil; 215

Le genre humain d'espérance et d'orgueil Sourit; les noirs donjons s'écroulèrent d'eux-mêmes ;

Jusque sur les trônes lointains Les tyrans ébranlés, en hâte à leurs fronts blêmes,

Pour retenir leurs tremblants diadèmes, 220

Portèrent leurs royales mains.

A son souffle de feu, soudain de nos campagnes

S'écoulent les soldats épars

Comme les neiges des montagnes ; Et le fer ennemi tourné vers nos remparts, 225

Comme aux rayons lancés du centre ardent d'un verre, Tout à coup à nos yeux fondu de toutes parts.

Fuit et s'échappe sous la terre.

Il renaît citoyen ; en moisson de soldats

Se résout la glèbe aguerrie. 230

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