PAN
Il dort, il dort, le grand Pan!
Marche doucement, sinon tu le réveilleras!
La chaleur du midi et le doux arôme des herbes mûries ont fatigue' le dieu — il dort et il rêve, et il voit des songes... Dans les trous obscurs les bêtes se sont cachées; dans l'herbe immobile s'est couché le serpent; les troupeaux se taisent, et même le bois, le bois sonore est calme et se tait...
Il dort, il dort, le grand Pan!... Au-dessus de lui bourdonne et résonne, brille et luit, en haut, en bas, un essaim étincelant d'abeilles et de scarabées; les ailes argentées, une bande de colombes plane en cercle au-dessus du dieu endormi ; et plus haut — en rang ou en triangles, pareilles à une armée, s'envolent en traversant le ciel une légion de grues; et encore plus haut, dans le haut ciel, partout dans l'azur épais, se fait à peine entendre la voix de la garde invisible...
Tous ont Pair de veiller sur le sommeil profond, le sommeil merveilleux du dieu — quand devant lui le ciel s'est ouvert et il voit les dieux, ses confrères; et comme des fleurs, des essaims
le visions lui jettent en souriant de l'Olympe les léesses sœurs...
Il dort, il dort, le grand Pan!
Marche doucement, mon enfant, sinon tu le 'éveilleras...
Ou plutôt asseyons-nous dans Fherbe touffue, pour écouter comme il dort, — écouter comme il aspire. Vers nous aussi vont descendre, du plus mt des cieux,les mêmes rêveries que rêve Pan, le grand Pan!