L'ART
Je me suis coupé un roseau, tout près de la mer tumultueuse. Muet et oublié, il restait dans ma cabane chétive. Un jour, un vieillard, par hasard, s'étant arrêté chez nous pour passer la nuit, le vit. (Il nous paraissait étrange et merveilleux dans notre pays reculé.) Il tailla le roseau, y fit des trous, les porta à ses lèvres. Aussitôt le roseau se remplit d'harmonie merveilleuse, dont il s'animait au bord de la mer, quand soudain le zéphyr ridant les ondes effleurait le roseau et remplissait le rivage de sons mélodieux.
GENRE ANTHOLOGIQDE il