‹ PoésiesChapitre 65 sur 80 · AGNÈS · texte numérisé non relu

AGNÈS

C'est donc pour aujourd'hui notre mariage, Eumène,aux cieux... et je suis fiancée...

EUMÈNE (avec exaltation)

Agnès! tu me sauves !...

PAUSANIDS

A présent l'âme n'a plus peur de se trouver e face de Lui !

GLAUCUS (aux jeune? gens, avec exaltation)

Savoir — que dans un instant l'âme s'élancei à travers un océan de rayons vers le Pèr^ Qu'est-elle, la mort, pour un chrétien — aux yeu de tous se trouve le Christ! Regrettera-t-on d quitter la demeure de la douleur et des larmes ? sa voir que dans un instant je franchirai vers le Pè# de tout la limite déjà atteinte! Et lame a déj conscience que l'enveloppe corporelle, comme d'ui léger rideau, ia sépare à peine des cieux! Et ce ri deau tombera...

MENIPPA (le regardant attentivement, s'élance vers lui, avec un cri)

Glaucus, mon fils, Glaucus !

GLAUCUS Mère ! tu vis ! (Ils se jettent dans les bras l'un de l'autre.) MENIPPA

Le voilà mon inspiré, mon fils racheté par I

Souffrance. Le Voici!... (Cherchant de son regard Camille.

Camille! le voici...

(Elle le prend par la main, mais s'arrête brusquement.) Mais Comment es-tu ici?... Chrétien?

Et toi

GLAUCUS

MENIPPA (se souvenant)

Dieu de tollS les Souffrants ! (Elle tombe à genoux.)

Plusieurs personnes descendent précipitamment l'escalier en commuant à droite et à gauche : « Marcellus, Marcellus », et tous se translettentce nom. Tous se disposent endemi-cercle en laissant de la place our Marcellus. Il se montre en haut de l'escalier.)

MARCELLUS (descendant l'escalier, s' arrête à la troisième ou deuxième marche)

La bénédiction de Dieu et la paix soient avec vous,

nés frères!... (Tous répondent à .-voix basse : « АшбП » .)

Dieu nous appelle à présent à la glorification de son amour, de ses munificences, au témoignage levant le monde que Lui est l'esprit, que Lui seul de la terre et du ciel est le tout-puissant souverain, que la gloire est à Lui, et non aux idoles, que l'idole quelle qu'elle soit est l'œuvre d'une main mortelle. Allons devant César. Par Dieu il est constitué roi des peuples. Dieu nous a commandé de le servir dans tout ce par quoi il peut être glorifié sur la terre, et élevé — parla victoire sur l'injustice, par la gloire de la défense des faibles, par le triomphe, même du glaive et d'un châtiment sanglant de la force sauvage, de l'ennemi du royaume à lui confié ; — le servir de tout notre cœur, jusqu'à nos dernières forces, sans men-

songe, sans aucune perfidie. Tout ce qui e

terrestre, tout notre sang, tout notre avoir, noti

science — nous sommes prêts à les porter ave

unespritjoyeux aux pieds de son trône. Mais теш

pour que nous puissions le servir, pour que notr

vœu ne soit pas un mensonge, nous devons con

server notre âme pure, attentive seulement ai

jugement de Dieu, dans ce qui esta Dieu, ce qu

reste éternellement et en quoi tous les hommes

et César lui-même, devront rendre compte devan

son jugement. — César nous ordonne : le recon

naître dieu et rendre à son idole l'hommage qu

ne convient qua une divinité; la mort attend le

désobéissants... Que notre conseil décide ce qu'i

faut faire. Notre corps est à César. Notre espri

n'appartient qu'à Dieu !

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