‹ PoésiesChapitre 64 sur 80 · scène · texte numérisé non relu

scène

CAMILLE

Mon mari me disait parfois : — ce n'est pas lOUs qui élevons les enfants, mais les enfants chèvent notre éducation! — En leur présence le >ère ne fera pas, ne dira pas quelque chose ans regarder devant soi : tu jettes une semence! Ile produira ce qui dans le cœur de Г enfant ombera! Oh, ma chérie! c'est avec l'enfant [u'on apprend à connaître Dieu... s'il est malade [ue fais-tu alors? il brûle, il languit, il t'écrase 'âme et tu ne connais plus ni le jour, ni la mit ! tes sens se pétrifient, tu observes s'il soupire, fil bouge, toute en lui! enfin tu n'en peux plus! m ramassant ce qui te reste de forces, tu les con- :entres toutes dans un mot : Sauve-le, sauve-le ! it tu te prosternes devant Celui qui peut tout...

MENIPPA

Terrible! terrible! oh! je le connais, je le ïonnais. J'ai compris ! et tout m'est devenu si ilair maintenant!... Gomme tu m'es devenue îhère ! et tout ce que tu dis je le comprends, et ta parole est si douce... Ah! mon muguet aromatique, ma violette tendre ! (Elle l'embrasse.) Depuis longtemps déjà je pense à votre Dieu ! à tous les dieux, à leurs autels, que je rencontre sur mon chemin, je porte au moins une fleur. Ainsi je me trouvais

dans un temple chrétien, sur une montagne, ei Thessalie. D'abord j'ai eu peur : des cierges l'obscurité; un prêtre parlant à une foule d< fidèles. Et j'entendis qu'il dit distinctement ce,« mots : « Notre Dieu est le Dieu de tous les souffrants ! ч Et comme si quelque chose dans moi cœur atressailli, je me suis prosternée et je mesuii mise à prier ce Dieu, mais je ne pus que pleurer. Tout à coup j'entends : « A Rome est toi chemin, là tu trouveras tout. » Je levai mes yeux juste en face de moi se trouvait un vieillard, mais à l'instant même il disparut. Je voyais que toui sortaient, j'allai vers la sortie, j'ai laissé passeï tout devant moi, le vieux n'y était pas ! Au levei du jour, je me suis mise en route, sur un vaisseau, à Rome, et toujoursj'entends : « Le Dieu deï souffrants te le rendra! » J'attends.,, et comme à un miracle je me prépare... que faire maintenant? je ne sais plus...

LYDA (ayant vivement descendu l'escalier)

Marcellus arrive... Le décret est promulgué!

(Mouvement général.)

JOB (descendu de sa place un peu plus tôt, presque au centre du demi-cercle de tous les assistants;

Ce jour, le plus glorieux des jours ! Nous, l'Eglise visible, nous entrerons dans les rangs de l'Eglise

ivisible et nous nous confondrons avec elle dans ne clameur commune : « Seigneur notre Dieu, )is béni ! »

LE VIEILLARD AVEUGLE

Seigneur notre Dieu, sois béni! Que tout ce qui st vivant le proclame.

TOUS (inclinant leur tête vers Job)

Seigneur notre Dieu, sois béni!

(Après un moment de silence recueilli, pendant lequel le cercle se ;rme autour de Job, entre les autres s'engagent des conversations à oix basse.)

DIDIME

Préparez vos lampes, le fiancé est proche I

(Menippa observe anxieusement les arrivants et les assistants; Camille e trouve non loin d'elle, près du tombeau de son mari, serrant les nfants contre elle.)

EUMÈNE (ayant aperçu parmi les femmes Agnès vêtue d'un vêtement nuptial)

Agnès!... en vêtement nuptial!...

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