LA PENSÉE DU POÈTE
О pensée du poète ! tu es libre comme la chanson de la libre galcione ! tu contiens toi-même tes iois, par toi-même tu es gracieuse ! Qui pourra iire à l'éclair : de tes sillons ne déchire pas les ténèbres de la nuit? qui pourra dire à l'aigle des montagnes: ne plane pas dans les cieux, ne regarde pas fièrement le soleil et n'effleure pas les mdes de la mer de tes ailes sombres, à l'éclat de la rose aurore ?
J'aime à passer toute une journe'e dans lei
montagnes et les rochers Ne pense pas qu alors
je réfléchisse à la miséricorde des cieux ou sui la grandeur de la nature et que, guidé par soe harmonie, je fasse mon vers. Distrait, je contemple les ondes somnolentes du lac de la forêt el les cimes des sapins touffus, les jaunes rochers dans leur morne silence. Sans pensée, paresseux, je regarde comme les théories des oies et des cigognes se traînent en revenant des champs el comme les canards sauvages se plongent ave| hruit dans l'eau ; stupidement je regarde ma ligne dans les flots tremblants, en oubliant la prose et les vers
Mais beaucoup plus tard, quand je suis loin de ces charmants tableaux, la nuit, je sens que ces chères visions se dressent devant moi, qu'elles vivent, se couvrent de couleurs, se meuvent ; je salue leurs ombres, je reconnais les forêts et les
gradins des lointaines montagnes et le lac
Alors j'entends comme bouillonner en moi la sainte extase, mon sang brûle, mon vers jaillit tout seul et l'idée germe...
CROQUIS DE ROME