MEMENTO
Soiivcnl à la clarlt' (pii Irciiibîi; Sur ràti'L' ou iV'ii, je les revois.
Les amoureuses tl'aulrefois!
— Je ](»s revois toutes euseuil)le.
Elles gravisseut lentemeut Le coteau fleuri de mou rêve, Daus mou cœur réveillaut, saus trêve.
' Le remords du dernier serment.
Comme les flots d'une onde morte, Passe leur chœur silencieux.
Leur mystique regard m'ap{)orto Le pardon des derniers adieux,
1^20 LES AMOl US.
Ces doux spectros an IVoiil âo fonimo, Ces cheis liolcs {\c mon tbyei', (.es débris aimés de mon amo Me rendent à moi toni entier.
Alors, enivrante et [)rofonde, )['en\alnt la tentation De snivre, par delà le monde.
Cette blanelie procession,
An doux })ays on l'ont suivie Ceux (pii ne se consolent pas ; Où s'accroît la t'nUire vie De tout ce qu'on perd iri-has !
On lenlemenl se recompose, i^]t, souvenir à souvenir, Notre être que doit rajeiuiir L'éternelle métamorphose,
Car les gazons oi^i j'ai pleuré Me doivent compte d'une larmo ; Car un fol espoir, comme une arme, Au fond de mon cœur est entré l
MEMENTO. 12i
Car vous l'iiyez avant l'aurore, 0 vous, qu'en pleurant, je revois, Et je veux vous aimer encore, Mes amoureuses d'autrefois!...
.\lors, à la elarlé qui tremble Sur le chemin des trépassés, Quand nous recompterons ensemble Le ti'ésor des J)onheurs passés,
Rappelez-vous, o bien-aimées.
De ces jours, de tons les meilleurs.
Va de tant d'heures consumées Eu laiit d(> baisers et de pleurs !