DÉJANIRE
L'Anroro, do mille rongeurs Flagelle les bords de la une; Sélène, houleuse d'èlre nue, Fiiil derrière les bois songeurs.
Le cliœnr des Centaures vendeurs pAplore la rive ineoinuie D"où la vierge, chère aux nageurs, N'est pas encore revenue.
Sur le roc, une flèche au cœur, ijcnr morne compagnon se couche Et la mort clôt son œil farouche :
Durant qu'avec un ris moqueur,
Déjanire pose sa bouche
Sur la bouche de son vainqueur.
100 l\ VIE.
ABSACt
tt rex David senuerat.
C'est dans le fier troupeau des vierges du Thabor Oa'ils (•lioisir( nt Absag qu'aucun présent ne touclie : Celui (pii lu devait épouser fut Laor, Qui jusques au palais l'accompagna, farouche.
— 0 blanclie vierge! apporte aux frissons de ma couclic Le soleil répandu parmi les cheveux d'or !
Déroule sous mes doigts ce lumineux trésor
Et souffle dans mon sein la chaleur de ta bouche.
Je maudis le sonnneil s'il me prend dans tes bras! Je veux, 'quand du palais demain tu sortiras. Que ma garde te fasse im superbe cortège.
Et (pi' un cercle d'or brille à ton front qui pâlit.
— Que m'importe ! reprit la vierge au corps de neige : Car Laor va me tuer au sortir de ton lit.
MORITURI TE SALUTAXT
0 toi qui me vainquis à la course rapide, nivale (le Diane, Atalanlc au pied blanc, Je reste ton vainqueur sous le couteau sanglant ; Car ma honte à la Mort porte un cœur intrépide.
Car les dieux ont voulu qu'il naquît de mon sang L'or cruel du laurier qu'attend ton front limpide, Et la pourpre qui sur ton épaule descend Se teint au flanc vermeil qu'ouvre ta main avide.
Qu'Hippomène triomphe et de ton front dompté
Fasse neiger les tleurs de ta virginité.
Mais le mal d'oublier aux vivaids est possible.
Vaincu par toi, la Mort va me faire invincible, Et le fer va clouer mon amour k mon tlanc, Rivale de Diane, Atalante au pied blanc !
162 lA VIE.
OFiPlIEE
C'est ta moii que j'cnvio. o doux (ils do Limis, Quand les viorgos de ïhrace aux crinières d'archange, Sous leurs pieds bondissants, — comme aux Irtcs du Gange- Vendange épouvantable, écrasaient tes flancs nus ;
Lorsque, foulant ion cœur, leurs beaux pieds éperdus Buvaient sur ta poitrine une rosée étrange, Et qu'aux chansons du cuivre, — effroyable vendange, — Ta noble chair volait sous les lliyrses ardus.
Le regrcl le vinl-il des cbastes promenades
Où la lyie éveillait l'écho silencieux? ■
A quoi bon de tes chants heurter des cieux maussades?
Mieux vaul jeter son ame aux désirs furieux. Tend IV sa uorue imc aux ondes des Ménades, 1^1 faite de son corps la pàtnir des Dieux !
LK FOUET DAMOUK
Laisse rire renfani qui t*a Mcssé le cœur : Ouel(ju"aulrc lui rendra le mal doul lu murnuu'es, Kl, loi-mème, iiuéri de tes vieilles blessures, De ((uel({u'autre, à ton lour, lu seras le vengeur.
Sois sans pitié. Paieil à la sainte l'érule Dont les moines jadis ilagellaient leurs dos nus, Le fouet de l'amour de main eu main circule, Ll tous, nous cbâlions des péchés inconnus.
Quand elle reviendra, gémissante et meurtrie. Tenter si de ses maux ton àme est attendrie; Garde-loi de fléchir et de tendre la main. -— Jette-lui le fouet, et passe ton cliemin !
1(U LA YIE.
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