DÉFENSE DES BÊTES
S'il exisio vraiment, où donc s'arrètc-t-il,
Cet eflVoyal)le droit qui nous livre la vie
Comme une diose inerte au travail asservie,
Et nous met la douleur aux mains comme un outil ?
Tous ces êtres vivants qu'une invisible trame Tient enchaînés pour nous sous une loi de sang, Tous ces fils de l'argile ont un peu de notre âme, Un peu de ce qui pense, un peu de ce qui sent.
Le dieu qui les couvrit d'une éternelle enfance Leur donna la pitié de l'homme pour défense. L'œil pour le sup})lier, la voix pour l'attendrir :
Et ceux-là sont des fous dont l'horrible caprice Torture sans raison ou frappe sans justice Ces frères que nous fait le pouvoir de souffrir !
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VmGINIS AMOR
Comme, au fond des tripots, ceux que le vin délie Des vulgaires pudeurs, ils chantent tour à tour Leurs plaisirs d'une nuit et leurs peines d'un jour, Ceux dont les vains désirs font la mélancolie.
Mais celui que l'amour d'une vierge a blessé, Comme d'un baume saint recouvre de mystère Sa blessure divine, et, sous la nuit austère, Pleure tout bas le mal qui le fait insensé.
Et le remords le prend comme d'un sacrilège, D'espérer que ce corps vêtu de pureté Affronte, dans ses bras, l'aube de volupté Qui fondra ses blancheurs idéales de neige !
Il rêve cependant que, des anges suivi, Il l'emporte, endormie, au seuil d'un nouveau monde
Exlalitjue et [)aic'il, en son ùur' prolbiule, Aux femmes en douleiii-, il culicvoil, r;ivi,
La ])remièi'e lueur inondant ses prunelles, Kt ses premiers sanglots d'un sourire apaisés. Et ses pieds nus encor des langes de baisers On les enfermera sa bouche maternelle!
Car c'est un fruit vivant qu'il porte dans son cœur, L'époux chaste aux genoux d'une chaste épousée, Fruit vermeil et sanglant d'une sainte rosée, Mûri dans l'ombre, éclos sous le soleil vainqueur :
C'est tout son être, à lui, germant sous sa mamelle ; C'est l'espoir fécondé des floraisons d'amour Qui furent sa jeunesse et n'ont duré qu'un jour : C'est son âme entr'ou/vrant sa ramure jumelle,
Quand, sentant que sa vie a lini de mûrir. Gomme un arbre géant sur la vierge il se penche Et dit : Eve, mi sœur, soulève ta main blanche Et cueille le fruit d'or qui nous fera mourir!
AMÏTIK DE FEMME
Je chaule aux doux croyants de la métenipsycliose :
Sous l'azur embrasé du ciel agrigoulin, Lu cyclope géant s'est épris d'une rose.
-- Je chante aux amoureux qui passent leur chemin :
Le cyclope, en pleuraut, dit à sa bien-aimée : (( Laisse-moi respirer Ion Ame parfumée! »
— Je chante aux malheureux des iugrates amours :
« J'aime, reprit la fleur, et j'aimerai toujours
« Le beau 'frelon cpii dort au creux du chêne sombre
f( Mais, pour te consoler d'nn voyage lointain