‹ PoésiesChapitre 38 sur 74 · PATRIA · texte numérisé non relu

PATRIA

SONNETS IIEUOIQUES

0 iiioirc (les soldais mouraiil dans les J3alailles, Seule gloire restée el qui leide relTorl. Je l'envie à qui niemt pour le droit du moins Ibrl, El mon ame le suil parmi les funérailles !

PrM d'oublier l'horreui' de ees grands clianq»s de morL Où le vol des ehevaux disperse vos entrailles, Où, eoucliés sous le vent des lointaines mitrailles, Vous reposez en paix, meurtriers sans reniord;

Je pense que, du moins, seuls, aU temps où nous sonunes^ L*instinct du sacrifice a fait de vous des hommes ; Qu'insoucieux du but, du devoii' convaincus,

Vous le servez quand même et d'une àme aguerrie :

0 gloire tle tous ceux (pi"a pleures la patrie.

Je t'envie à qui meurt [)oUr le droit des vaincus!

ir

Alors je pense au temps où, d'im bond héroïqne. Des enfants de seize ans, sous leurs fusils ployés, Couraient à la frontière et déchiraient leurs pieds Aux chemins, en criant : Vive la République!

Quand le courage était une vertu civique A ce peuple naissant de martyrs oubliés, Ouand de leur })ropre sang tes fils multipliés, France, te saluaient comme une mère antique.

Et, légitime orgueil de ta fécondité.

Tombaient en s'écriant : Vive la liberté!

— Apprenons à nos fils la gloire de nos pères.

De leur nom plus encor que du nôtre jaloux : Si grands que vous soyez, ô soldats, ô mes frères. Ceux qui mouraient alors étaient plus grands que vous!

Page 1