A VIK
Immuable splendem' du Beau! Gloire du Jiisie! Derniers autels de ceux qu'ont trahis leurs autels! Vous gardez, comme on garde un héritage auguste, Le secret de la mort qui nous fait immortels.
Ainsi qu'aux flots du bronze une image s'incruste, Des âges ont passé que vos sceaux éternels Ont marqués, povu' le Temps, d'une empreinte robuste Et que notre mémoire a rendus solennels;
Des âges où la force, éprise de lumière. Demandait à l'Esprit son ennoblissement, Où la pensée était l'âme du dévouement.
Où la Patrie était, dans tout cœur, tout entière, Oîi vingt ans reliaient la tombe et le berceau Par un sillon de gloire, et se nommaient Marceau!
Marccaii! — Onand l'amo eut fui do sa poitrine oiivorio, Souffle ardent qui passa sur les fronts éperdus, Ce fut comme un remords immense de sa perle Qui prit tous ces soldats ensemble confondus;
Comme une horreur secrète envahissant la plaine Où la moisson guerrière ondoyait au tambour ; Le vent chargé de fer suspendit son haleine, Et, mornes, les canons se turent tout un jour.
Les vainqueurs oubliant d'achever la victoire, Librement, dans l'azur, vers sa grande mémoire Le pardon des vaincus monta religieux.
Et ces deux Ilots humains qu'un peu de sang sépare, — Tels les flots Éoéens, linceul du doux Icare, — Pleurèrent cet enfant qui tombait glorieux!
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Los Titans sont tomlK's : dans l'air silencieux Lenr sani^ pur monte encor et, comme une fumée, Einporle dans les cieux; leur ànie consiunée Des rêves éternels qu'ils avaient pris aux cieux,
La Terre, maternelle aux cœurs audacieux, Sur ses enfants meuilris lentement s'est termée; \Liis, |)our louf^lemps lari, son flanc capricieux Tira de leur semence une race pygmée,
Du corps de ces lions un peuple de fourmis;
El nous n'osons nommer nos pères endormis,
Plus prêts d'être des dieux que nous d'être des hommes !
Et nous tr.iînons si bas leur souvenir puissant Qu'à nous voir le porter, on ne sait si nous sommes Les vei's de leurs toîuheaux ou les fils de leur sang'.
LA VIE DE l'A ME. 187
Si, pour faire une ])laco à leur graud souvenir,
Il faut meurtrir beaucoup nos cœurs étroits, qu'importe
Ils se refermeront, élargis de la sorte
Qu'un maie sentiment s'y puisse contenir,
Que la pensée y germe et s'y fasse assez forte Pour que la liberté nous puisse revenir, Et que fleurisse enfin sur cette gloire morte La semaille que l'heure apporte à l'avenir.
Comme un ferment sacré (pii soulève les gerbes Et pousse vers l'azur l'hoimeur des blés superbes, Leur mémoire contient tous nos biens enfermés :
Le courage et la foi vivace, inviolée,
Y creusent leur racine, et, dans l'ombre voilée,
La Justice y mûrit l'espoir des opprimés.
VU
]je temps est sans pitié qui fait naître après l'benre Ceux dont l'henre eût servi les asjiirations, Ridicnles débris de «générations Dont la gloire, pour eux, n'est que regret et leurre.
Rendez-moi les grands jours des grandes passions, Les combats dont toujours le souvenir demeure; Rendez-moi les périls, que j'en vive ou j'en meure! — A la frontière encor faut-il que nous courions?
Le temps est sans pilié pour nous de rendre vaines Les ardeurs du sang pur qui consume nos veines. Et d'emplir nos esprits de ce doute jaloux :
Quatre-vingts ans ])liis toi, peut-être parmi vous. Comme vous j'aurais l'ail ma mémoire fameuse, 0 peuple de liéros, soldats de Sambre-el-Meuse!