SUR LFS MAUX D K LA PATRIE
Lorsque, chassé dos cieiix de la Gloire meurliie. Les deux niaius sur le IVonl, j'eu descends les degrés. Je n'ai |)lus d'autres deuils que les tiens, ô l\drie ! Et mes yeux n'ont de pleurs que pour tes maux sacrés.
Tu lus l'aslre vivant dont la chaleur léconde.
L'œil du ciel grand ouvcrl sur les conseils humains;
Un soleil emplissait ta paupière profonde
Et mesurait aUx jours l'espoir des lendemains.
Tu fus l'arhre grandi sous l'aurore première* Le vieux cep où mûrit l'antiqUe liherté; Et tu lis de tes seins, tendus vers la lumière, La coupe immense où vint hoire l'humanité!
ia'2 LA VIE.
Tu l'as le sang veriueil (|ui loiila, sous la terre, L'Iiëroïqiie l'ermeul des saintes })assiuiis; Kl, soulevant les monts, ouvris, comme un cratère, La formidable fleur des révolutions!
Tu Jetas le trésor des charnelles semailles Aux siècles épuisés qu'il fallait rajeunir. Comme l'oiseau qui donne à son nid ses entrailles, i e ton flanc déchiré tu nourris l'avenir.
Tes lils furent l'honneur de l'humaine liijnée
Uù, des Titans vaincus la iieité se défend. Les hiicherons vaillants dont la sainte cognée Fil jaillir l'Idéal sous le fer triomphant.
Astre d'or, coupe d'or, France, mère des justes. Des braves et des forts tombés dans ton linceul. Nous sommes nés trop tai'd, puisqu'il tes mains augustes Nos lèvres n'ont jtorté qu'un sanglot lent et seul!
Puisqu'il faut jusqu'au bout vaincre notre superbe, Répiimer, dans nos cœurs, les espoirs superflus. Fi fouler, sous nos ])ieds, avec la terre et i'iier])e, L'iiii|>érissable orgueil des grands joui's révolus,
Ne poilc plus aii\ mers, Seine, reine des fleuves. Le si)eclre évanoui des triomphes lointains. Mais, vers le Simoïs, rejoins les pleurs des veuves. — Andromaque et la France ont les mêmes destins !
Le poids des souvenirs courbe nos tètes nues. Le l'aile des palais sur nous s'est affaissé. Comme un troupeau, parmi les routes inconnues. Nous marchons confondus dans l'ombre du passé.
Car, prisonniers d'un sol qu'a déserté votre âme. Aïeux dont la fierté tomba, dernier rempart, Nous sonmies, fils rompus d'une immortelle trame, Un peuple d'exilés (ju'oublia le départ.
Et pourtant, nul de nous ne fuit la gloire amère De porter haut ton nom sous tes soleils éteints, El tous nous demeurons, ô Patrie, ô ma mère. Fidèles sans retour à tes pires destins!
T A B 1. E A r X r T PAYSAGES