A L ARC DE TRIOMPHE
Sentinelle héroïqno, ô grand arc solitaire,
Toi qui veillais au seuil de la grande cité,
Quand leurs pas, sous ton })ied, vont ébranler la terre,
Garde bien ton silence et ta sérénité.
0 toi qui te fermais, ainsi qu'une paupière. Sur les soleils coucbants de nos Jours radieux. Garde bien que quelqu'un de tes grands morts de pierre Tout à coup se réveille et blaspbème les dieux!
Dans le granit où Rude enferma ta pensée, 0 sainte Marseillaise, étreins ton dernier cri ; Et vous, témoins sacrés de la gloire passée. Ne dites pas encor : Tout bonneur a péri!
Si le Ciel a .pitié de la Reine du monde, xA ces jours de douleur pour assurer l'oubli,
190 LA YIE.
Il voilera Ion iVoul triiiic brume profonde El lu rappelleras Lazare cnseYeli.
Que (lu même linceul il voile noire l'ace,
A nous dont la fortune a trahi la fierté,
Qu'il accorde à nos yeux la nuit et qu'il nous lasse.
("lomme tes vieux soldais, ombre, immobilité!
Jusqu'au jour oii, seul Dieu qui donne la lumière. Puissante par le glaive et forte par la Loi, La Liberté, pareille à l'Aurore première, Crie à Paris vaincu : Lazare, éveille-toi !
l.A VIE DE LAME. 191