CIEUX NOCTURNES
Il est lin grand tombeau dont l'honeiir me poursuit, f-iarge, froid, cl peuplé de silences funèbres : — C'est l'immense tombeau qu'ouvre sur nous la nuil Dans l'azur dilaté par l'effroi des ténèbres.
Comme des jours furtifs où glisse la pâleur D'un ciel d'or très-lointain, au travers d'un mur sombre, Les étoiles, filtrant leur clarté sans chaleur, Blanches, rompent parfois la tristesse de l'ombre.
Des réveils immortels nous mesurant l'espoir, Rares, ces mornes feux dont la lumière tremble Luisent sans l'éclairer dans le sépulcre noir Dont nous sommes les morls et les vers tout ensemble.
Des étoiles ruyanl le chœur silencieux.
Parmi les trépassés trépassé solitaire,
Pour pardonner aux nuits ré[)ouvante des cieu.v
J'attends qu'un Dieu nouveau, |)itoyable à la terre.
Ainsi qu'un fossoyeur, les deux bras étendu-, Ferme ce ville horrible, et, de sa main iiéanle, Versant dans Tétlier creux un ilol traslres perdus, Cond)le avec des soleils sa proibndem" béante !
<-m I.A VIE.
Comme une vaste cible où pleut le fer des lances, Criblé sous les regards des cherclieurs inconnus, Le firmament, déclm des antiques silences. Pleure le sang divin d'Hermès et de Vénus.
0 mytlies glorieux, qu'ètes-voiis devenus? Du Beau que nous servons éternelles semences 1 Devant un peuple obscur d'astres nouveaux venus La foule olympienne a fui les cieux immenses.
Trabissant le secret de sa limpidité, Pour montrer son trésor inerte de clarté L'azur a déchiré la pudeur de ses voiles,
El riiomme, revenu de son rêve orgueilleux. Après avoir compté le troupeau des étoiles, Prend en jutié le ciel qu'ont déserté les dieux.