‹ PoésiesChapitre 59 sur 74 · LA MER · texte numérisé non relu

LA MER

0 Mer, sinistre Mer que la l)ise d'automne Secoue et fait claquer ainsi qu'un vain lambeau ; 0 Mer, joyeuse Mer, magnifique manteau Qu'agrafe le Soleil aux flancs nus de Latone ;

0 Mer, sinistre Mer dont les gémissements Troublent l'esprit nocturne attardé sur les grèves ; 0 Mer, joyeuse Mer qui, poitr bercer les rêves. As des bruits de baisers et de oluicbotements;

0 Mer, sinistre Mer, pleine de funérailles! 0 Mer, joyeuse Mer que peuple un flot vivant ! — La Yie avec la Mort en toi semblent souvent S'unir pour féconder tes profondes entrailles;

Es-tu la coupe immense où le philtre sacré Des renouvellements opère son mystère, Oîi viennent se tremper les forces de la Terre, Pour embrasser la forme en faisceau plus serre?

Es-tu le temple obscur de nos métamorphoses? Le Trésor infini des mouvements divers Dont s'animent les corps épars dans l'univers, Et des aspects sans fin que revêtent les choses?

Puisque, sans te lasser, l'àpre travail du vent Engloutit dans tes flancs de charnelles semailles, 0 Mer, sinistre Mer, pleine de funérailles ! 0 Mer, joyeuse Mer que peuple un flot vivant !

YII

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