‹ Poésies. Augm. de pièces inédites. Publiées avec pref. et notesChapitre 23 sur 24 · SUR LES POÉSIES DE MONTREUIL · texte numérisé non relu

SUR LES POÉSIES DE MONTREUIL

Notre travail d'Annotateur sera ici bien aisé; nous ne prétendons pas surcharger de notes des impromptus charmants et des poésies fugitives qui contiennent un sens qu'on ne saurait accentuer. Il nous importe également peu, d'ailleurs, de suivre l'Abbé de Montreuil dans ses amours et de soulever le masque des Iris et des Philis auxquelles sont adressés tant de jolis vers. Les œuvres de notre bel esprit possèdent au plus haut degré cette finesse, cette subtilité de pensée, cette facilité d'exécution qui les distinguent des autres poésies de cette époque; ses pointes et ses équivoques s'expliquent naturellement, et nous ne ferons courir sur ce mince canevas poétique- qu'une légère suite d'annotations plutôt bibliographiques qu'anecdotiques. Disons cependant ici, pour n'y plus revenir, que la plupart de ses Épitres sont adressées à la Sénéchale de Rennes ou à des personnes de cette même famille de Beaucé.

Page 3 . — Remonstrance à une jeune Damoiselle.

Ces stances ont été publiées par Campenon dans le Recueil de lettres choisies de Voiture, Balzac , Pélisson, de Montreuil et Boursault. 2 vol. in-i 2. Paris, 1806 et 1807, t. II, p. 1 1.

l38 NOTES

'Page 9. — Stances, durant la Guerre civile. — Insérées dans le Recueil de Campenon , t. II, p. 27, et dans le Recueil de Sercy, i653, t. I, p. i83.

Page 12. — Stances. — Cette pièce porte sur l'édition de 167 I, en sous-titre : A Madanie **', pour feu M. le marquis de Molac.

Page 19, — Stances.

Je ne l'eusse pas crû , mais je m'en aperçois.

Cette pièce a été insérée dans le recueil publié par Campenon , t. II, p. 3 2.

Page 3 2. — Epistre à Philis. — Cette lettre figure au Recueil de Sercy, t. II, p. 60, avec le sous-titre : Sylves.

Page 3 8. — Stances.

Que ma visite m'est cruelle...

Le Recueil de Sercy, t. I, p. 164, donne ces stances sans signature, avec le sous-titre : Sylves. Cette pièce n'en appartient pas moins à Montreuil, et a été insérée dans toutes les éditions de ses œuvres.

Page 47. — Stances.

C'est un Amant, ouvrez la porte.

Dans les Poésies diverses attribuées à Molière ou pouvant lui être a»ri6uées, recueillies et publiées par P. L. Jacob, bibliophile (Paris, Lemerre, 1869, p. 49), M. Paul Lacroix nous donne la note suivante au sujet de ces Stances galantes :

« Nous croyons pouvoir affirmer que ces vers charmants, pleins de sentiment, de grâce et de délicaiesse, sont de Molière, quoiqu'ils n'aient été publiés qu'avec son initiale. On les trouve pour la première fois en tête de trois feuillets sans pagination , au commencement du recueil intitulé : les Plaisirs de la Poésie galante, gaillarde et amoureuse (S. 1. ni d., publié vers 1664,

NOTES iSg

in- 12). Les mêmes stances ont été réimprimées à la fin d'un autre recueil intitulé : Maximes et Loix d'amour, Lettres, Billets doux et galants. Poésies (Paris, 1669, in-12). Les éditeurs des Poésies de J. de Montreuil (M. de Montreuil) ont réuni pour former leur recueil toutes les pièces publiées avec les initiales M. ou D. M., quoique beaucoup de ces pièces ne fussent pas de cet auteur. »

M. Paul Lacroix ne se fait aucun scrupule d'attribuer ces stances à Molière. Elles sont certes assez jolies pour être dignes de l'auteur du Misanthrope ; mais le savant Bibliophile nous semble oublier que la première édition des Poésies de Montreuil où cette pièce se trouve a été donnée sous les yeux mêmes de leur auteur, et il est absolument impossible que Mathieu de Montreuil ait consenti à se parer des plumes du paon. Molière est assez riche de son propre fonds, et nous rendons à Montreuil ce qui est à Montreuil. Ces stances figurent dans les Poètes français, publiés par Crépet, t. II.

Page 5 2. — Epistre à Madame la Sénéchale de Rennes,

Le Recueil de Sercy donne cette lettre avec le post-scriptum suivant (t. III, p. 148) :

« Ce seroit incivil de mettre dans la lettre d'une grande dame comme vous ces recommandations aux deux petites demoiselles qui se font adorer dans votre maison... Si j'osois, pourtant, je leur baiserois bien la main. J'ai cela de commun avec beaucoup d'autres. »

Page 70. — Madrigal.

Pourquoy me demandez'vous tant...

Montreuil n'avait que dix- huit ans lorsqu'il composa ce madrigal, qui fut traduit en italien par Ménage. Richelet l'a recueilli dans son Recueil des plus belles épigrammes depuis Marot jusqu'à nos jours. Paris, 1698, 2 vol, in-12, t. I, p. 208. Il figure également dans le Recueil de Barbin, 1692, t. IV, p. 290.

Page 70. — Autre madrigal.

Je suis, pour vous servir, plus propre qu'on ne croit :

Assez jeune pour être aimable.

Et vieux assez pour être adroit.

Nous trouvons cette variante dans Sercy et dans différents recueils :

Je suis tout tel qu'il faut pour un amant parfait. Assez jeune pour estre aimable.

Assez vieux pour estre secret.

Page 72. — Madrigal pour la Marquise de Sévigné.

Voyez, au sujet de ce madrigal célèbre, inséré dans tous les recueils, Lettres de M""' de Sévigné (passim); — Mémoires touchant la vie et les écrits de M'"" de Sévigné, par le baron Walckenaer, 1845, t. I, p. 49-51; — Les Amoureux de M"'^ de Sévigné , par Hippolyte Babou, 1862, in-12.

Page 75. — Madrigal.

Après avoir lu dans Clélie.

Le Recueil de Sercy (t. V, p. 14Î) donne ce madrigal avec le sous-titre : Pour la marquise de Mar... C'est en effet à M™^ la marquise de Martel que ce madrigal est adressé. Dans une lettre à cette dame, Montreuil fait allusion à l'envoi d'un volume de la Clélie, et termine par ces mots : « Le meilleur roman qui ait esté fait de mémoire d'homme ne peut pas estre si beau que Clélie. »

Richelet, dans son Recueil des plus belles épigrammes, a inséré ce madrigal , t. I, p, 201.

Page 80. — Madrigal.

Vivons le plus que nous pourrons.

Ce madrigal , imité de Catulle, est imprimé dans le Recueil de Sercy, t. II, p. 259. Il est signé Montereil.

Page 82. — Madrigal.

Si selon le mérite on donnoit récompense. . . Ce souhait est adressé à M. Pomponne de Bellièvre, premier

président du Parlement de Paris, qui fut très-lié avec les frères de Montreuil. Il est inséré au Recueil de Sercy, t. I, p. 65, dans Les plus belles épigrammesde Richelet, t. I, p. 288, et dans le Recueil de Barbin, t. IV, p. 3o3.

Page 85. — Madrigal fait à La Haye pour Madame de Slavata.

M"i^ de Slavata, célèbre par sa beauté, était la petite-fille du fameux comte hollandais Henri de Bréderode, qui lutta avec les d'Egmont et les de Horn.

Page 90. — Madrigal.

Si je vais si souvent chercher'' vostre voisine...

Dans le Recueil de Sercy, t. III, p. 14, nous trouvons cette variante aux troisième et quatrième vers :

Son Phœbus de n\ary n'a rien que d'ennuyeux ; Son ridicule esprit, son prétendu mérite.

Page 92. — Madrigal.

J'en demeure d'accord, tout le monde se loue...

D'après la correspondance de Montreuil, nous croyons que ces vers sont adressés à M™" de la Fodrière.

Page 98. — Madrigal.

J'ay pris vostre éventail. Madame...

Ce charmant quatrain a été reproduit dans toutes les histoires de la poésie ou de la littérature. Il est signé D. M. dans le Recueil de Sercy, t. I, p. 209.

Page ioi. — Madrigal : le Jour des Morts.

LeRecueil de Sercy, 1. 1, p. 270, donne ce madrigal avec ce sous-titre : Pour M. la S. D. R. {La Sénéchale de Rennes), qui se portoit mal le jour des Morts.

Page 102. — Madrigal à une Fille de seize ans.

Dans les Lettres choisies, publiées par Campenon , nous trouvons cette légère variante au premier vers :

Je n'ay jusqu'à présent servi que des Coquettes.

Page 106. — Sonnet.

Chez vous je n'ay jamais esté...

La pointe finale de ce sonnet : Vous estes belle à faire peur, a été citée par Saumaise dans le Dictionnaire des Précieuses et est restée dans le langage maniéré. — Voyez l'édition du Dictionnaire des Précieuses publié par Ch. L. Livet, t. II, p. 3o5. Au vers dixième, nous remarquons cette variante :

Déjà ma raison s'en repent ;

Page 108, — Sonnet.

Olympe est en repos, je vis dans le martyre.

L'édition de 1671 porte en sous-titre : Pour une fille enjouée commençant à avoir les pâles couleurs.

Pages ii5 et 116. — Rondeaux.

Nous avons trouvé dans le Recueil de Sercy quelques autres rondeaux signés D. M. ou De Montreuil. Comme ils ne figurent dans aucune des éditions de notre poète, nous avons cru, par prudence, devoir les laisser dans leur recueil. Sans doute, ils sont de l'un des frères de Montreuil, sans quoi les éditeurs de la première édition se seraient empressés de s'en emparer.

DES rOESIES CONTENUES DANS CE VOLUME

Pages.

Stances. — Remontrance à une jeune Damoiselle riche. î

Stances. — Pour une Dame qui sçavoit peindre 7

Stances. — Durant la Guerre civile 9

Stances. — A Madame *** , après une descente des Anglais sur la cosle de Bretagne , . . . . 12

Stances. — Epistre envoyée à un rival i 5

Stances. — Je ne l'eusse pas crû, mais je m'en aperçois. 19

Epistre. — ■ Moy qui n'ay jamais pu l'écrire 22

Stances. — A Mademoiselle de Beaucé, âgée de dix ans. 3o

Epistre. — A Philis ^^

Stances. — Que ma visiie m'est cruelle 38

Stances. — A une Dame chez qui il demeuroit 41

Stances. — Four Madame la Sén. de R*** 4^

Stances. — Nous aurons trop de temps pour amasser

des fleurs. 4^

Pages.

Stances, — C'est un Amant, ouvrez la porte 47

Stances. — L'Amant d'une Damoiselk, confident d'un

riche Vieillard dont elle étoit aimée 49

Epistre. — A Madame la Sén. de R"** 5 2

Stances. — '■ Une Fille à une autre Fille, toutes deux pensionnaires dans une Religion 61

Stances. — Pour deux fois seulement que mes yeux

vous ont veue 63

Stances. — Épilaphe d'un Amant. - 65

• — Ne me reprochez plus tant de fois ma folie 69

— Malgré tous les mépris que vostre humeur m'oppose. 69

— Pourquoy me demandez-vous tant 70

— Ne cherchez point ailleurs, Beauté trop adorable. . . 70

— Hier, quand je vous eus quittée 71

— De toutes les façons vous avez droit de plaire. ... 72

— Je languis dans un feu tout autre 73

— Quand, pour vous témoigner l'excès de ma langueur, 74

— Après avoir lu dans Clélie 7^

— La Dame de ce lieu n'a pas mauvaise grâce. ... 76

— J'avois donc tant juré de ne l'aimer jamais 77

— Vos yeux, si brillants et si doux . . 78

— Comme vous estes glorieuse 79

■ — Vivons le plus que nous pourrons 80

— Ma mère, depuis quinze jours 81

— Si selonle mérite 82

■ — Hier je rencontray ma charmante Philis 83

TABLE 1^5 Pages.

— On vous voit, jeune Iris, toujours sur mes louanges. 84 — - Vous me reprochez de tout temps 84

— Ma mère, en partant de Paris 85

— Pourquoy me montrer vostre sein 86

— O Ciel injuste et rigoureux ! 86

— Philis, voulant se corriger. 87

— Philis, cette beauté si charmante et si fière. . , . . 88

— Vous faites des faveurs à de certaines gens 89

— Si je vais si souvent chercher vostre voisine 90

— Ces Heures-cy sont trop magnifiques pour moy. . . 90

— Depuis que la faveur vous met dans la richesse. . . 91

— Vos lettres m'ont charmé, le style en est fort doux. 91

— J'en demeure d'accord, tout le monde se loue. . . 92

— D'où vient cet intérêt que vous prenez en moy? . . 93

— Si je ne vous vois plus, c'est que je ne veux pas. . 94

— Je trouve encor vos yeux, vostre air, vostre visage. , 95

— Si l'autre jour, en ce saint lieu 96

— Quand j'écoute ces fous d'un air si sérieux 97

— Vostre mal me rend malheureux 97

— J'ay pris vostre éventail. Madame 98

— On m'a fait un mauvais tour 98

— L'air, le vent et la pluie, à ne vous point mentir. . . 99

— Philis, quand vous manquez de divertissement. ... 100

— On diroit, à vous voir, que ce jour ennuyeux. ... ici

— Je n'ay jusqu'à présent aimé que des coquettes. . . 102

— Que je suis malheureux de vivre sous vos lois! ... io3

— Vous n'estiez pas encore en âge d'estre aimable. . . 104

14b TABLE

Pages.

EPIGRAMMES

— Il est vray, je le sçay fort bien 117

— Fuyant de nous sans résistance 117

— Dans un coin, sans flambeau, sans témoins et sans bruit 118

— Je »ers le meilleur des humains 118

— D'où diable nous vient cette envie 119

— Quand ce petit abbé vous jure 119

— A voir comme vous vous servez . . . . 120

— Je la voy tous les jours venir en ce saint lieu. ... 121

— Ridicules censeurs, dont la jalouse envie 121

— Cloris à vingt ans estoit belle 122

— Il ne fait pas tout ce qu'il dit 122

— Le fils de ce sergent de l'Université i23

— Un petit abbé roux, Bachelier de Sorbonne 124

— Ne crois point nous persuader 124

Page 1