SUR UN AMOUR DE CIRK
L'n jeune homme vendait un bel Eros en cire. M'approchant, je m'enquiers du prix qu'il en désire. « Pour ce que tu voudras, dit-il en dorien, Je te le cède.; prends! A ne te cacher rien, Cette cire où d'L'ros revit la blonde image
— Je ne suis pas sculpteur — est d'un autre l'ouvrage. Mais je ne puis garder plus longtemps sous mon toit Un hôte insatiable : il veut tout ce qu'il voit.
— Eh bien ! donne-le-moi pour un drachme, lui dis-je. Mais voici, bel Hros, ce que de toi j'exige:
De tes flammes tu vas m'embraser avant peu, Sinon, par Jupiter! je te fais fondre au feu. »
SUR LUI-MÊME
[.es jeunes femmes aux doux yeux
nt en riant : « Prends garde, Anacréon ! tu te fais vieux.
Tiens ce miroir et te regarde:
Ami! tu n'as plus de cheveux. »
Sont-ils tombes ? En ai-je encore ?
N'en ai-je plus? Moi, je l'ignore.
Ce que je sais, en vérité, C'est que les fleurs n'ont qu'un été.
Ce dont mon àme se soucie, C'est que plus on se sent vieillir, Plus il est sage de cueillir Les roses brèves de la vie.