‹ Poésies (volume 2)Chapitre 23 sur 91 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Niobé, dans la pierre à jamais enchaînée, Sur les monts phrygiens, noir rocher, se dressa. Procné, de Pandion la tille infortunée, Devint une hirondelle et dans l'air s'envola. Que ne puis-je a mon tour, ô maîtresse divine! Etre l'heureux miroir que regardent tes yeux, La tunique de lin, la toile douce et fine

94 LUS 1 I> A V E s

Qui presse tes beaux flancs entre ses plis soyeux!

Je voudrais être l'onde, o divine maîtresse!

L'onde voluptueuse où se baigne ton corps;

La subtile senteur qui parfume ta tresse,

Le voile où de tes seins se cachent les trésors.

Enlaçant de ton cou la blancheur virginale,

Que ne suis-je la perle ou l'ambre aux grains dorés!

Je voudrais être encore, éi beauté ! ta sandale

Pour me sentir foulé par tes pieds adorés!

Page 1