LA VENDANGE
Les jeunes vendangeurs, les belles vendangeuses
Sur leur tête aux boucles soyeuses Portent à pleins paniers et versent aux pressoirs
Les lourdes grappes aux grains noirs.
Les hommes foulent seuls le fruit pourpré des treilles. Le vin jaillit; leurs chants retentissent en chœur, Joyeux qu'ils sont de voir dans les cuves vermeilles
Bouillonner la rouge liqueur.
Le vieillard en boit-il, regarde/ comme il danse
Allègre avec des pieds tremblants!
De Bacchus qui ruisselle il fête l'abondance, Et Zéphire se joue avec ses cheveux blancs.
Le jeune homme à l'ardente ivresse Voit sous la vigne ombreuse où, prise de sommeil, Sur son beau flanc repose à l'abri du soleil
La vierge que son œil caresse.
Furtif, il s'approche, il la presse D'accorder à l'amour les dons chers à l'hymen.
Vainement la vierge confuse Résiste; il sait ravir, aidé du Dieu du vin,
Les dons que la pudeur refuse; Car avec la jeunesse aux désirs orageux Bacchus mêle souvent la licence à ses jeux.
lu