‹ Poésies (volume 2)Chapitre 55 sur 91 · SUR ANACRÉON · texte numérisé non relu

SUR ANACRÉON

Le doux lyrique de Téos,

Anacréon, l'ami d'Ëros,

Une nuit m'apparut en rêve.

Je m'entends nommer, je me lève

Et, vers lui volant empressé,

D'un cœur ému je l'embrassai.

Il était vieux mais beau ; les Grâces

Avaient sur son front argenté

Versé cette heureuse gaité

Qui des ans charme les disgrâces.

Sa lèvre au sourire divin

Exhalait l'arôme du vin.

Pour aider sa lente vieillesse.

L'ami de sa verte jeunesse,

Eros, le guidait par la main.

De son front étant sa couronne,

Le doux vieillard au grand renom

Sourit, s'avance et me la donne :

Elle sentait Anacréon.

Et moi d'une main indiscrète

J'osai la poser sur ma tète;

Hélas! Eros depuis ce jour

De mon cœur a fait sou séjour.

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