SUR ANACRÉON
Le doux lyrique de Téos,
Anacréon, l'ami d'Ëros,
Une nuit m'apparut en rêve.
Je m'entends nommer, je me lève
Et, vers lui volant empressé,
D'un cœur ému je l'embrassai.
Il était vieux mais beau ; les Grâces
Avaient sur son front argenté
Versé cette heureuse gaité
Qui des ans charme les disgrâces.
Sa lèvre au sourire divin
Exhalait l'arôme du vin.
Pour aider sa lente vieillesse.
L'ami de sa verte jeunesse,
Eros, le guidait par la main.
De son front étant sa couronne,
Le doux vieillard au grand renom
Sourit, s'avance et me la donne :
Elle sentait Anacréon.
Et moi d'une main indiscrète
J'osai la poser sur ma tète;
Hélas! Eros depuis ce jour
De mon cœur a fait sou séjour.