S U K LUI- M E M F
Donnez-moi la lyre d'Homère,
M.iis sans la corde des combats.
Aimons! la gloire est éphémère; Buvons ! la coupe ne ment pas.
Dans ma coupe effeuille/ la rose, La fraîche rose enfant des bois; Mêlez, dans la coupe où je bois, Au vin pourpré la fleur éclose.
Blond éphèbe, emplis à la fois De rose et de vin ce cratère!
Je veux, ù reine de Cvtlière.
Je veux, ô Bacchus, dieu vainqueur, Sur ma lèvre unir vos louanges!
Cypris, je te chante en ta Heur, Et toi, dans ta riche liqueur, Beau I.y.vus, dieu des vend. in
LES AKACRLONTIQUr s I -, ;
fABLEAU DE BACCHANTES
Peintre excellent, écoute une nuise lyrique ! Peins vivante à nos yeux une fête bachique :
Jouant de la flûte à deux voix Et dirigeant le choeur bondissant des Bacchantes Aux bras voluptueux, aux danses éloquentes, Peins le beau Lv.vus et sa flûte à deux voix;
Peins les rires, peins l'allégresse Des cités où le dieu verse à flots son ivresse ! Et si la cire, artiste, est docile à tes doigts, Peins aussi des amants les rites et les lois.
nriTIIALAMI- POUR STRATOCLF.
Des hommes et des Dieux, ô reine fortunée, Vénus de myrtes couronnée !
I ï | LES ÉPAVES
Lros, force des cieux, qui domptes les enfers! Et toi, Dieu de la vie, ô fécond Hyménée!
Dieux beaux, charme de l'univers,
O Vénus, Lros, Hyménée,
C'est vous que je chante en mes vers!
Regarde, o jeune époux, la beauté ton épouse!
Réveille-toi, jeune chasseur!
La perdrix dort encor dans l'humide pelouse; Mais le jour va venir, et, devant sa rougeur,
Crains de voir s'envoler ta proie!
L'heure est prompte, courte est la joie.
Réveille-toi, jeune chasseur,
Crains de voir s'envoler ta proie !
Favori de Vénus, Stratocle, époux heureux,
Vois ta verte Myrille en sa fraîcheur éclose; Vois la beauté de ses cheveux, Vois la jeunesse de ses yeux,
De son teint virginal, Stratocle, vois la rose! La rose est la reine des fleurs, Myrille est la fleur des mortelles :
Respire, 6 jeune époux, ses divines senteurs!
Ton verger, ce matin, de richesses nouvelles Se pare aux rayons de Phébus.
Qu'il y naisse, ô Stratocle, ami cher à Vénus Deux cyprès aux têtes jumelles!
LESANACRÉONTIQUES IjJ
IXVOCA T ION A L ' A M O U R
Éros, dominateur du monde,
Irrésistible roi des hommes et des Dieux ;
Eros, toi que Cypris la blonde,
Toi que les Grâces aux beaux yeux, Aux bras blancs, aux seins nus, tes dansantes compagnes, Suivent à pas rythmés, groupe mélodieux,
Sur la cime en tleur des montagnes!
Je t'en prie à genoux, toi le maitre des cieux, Descends vers moi, propice et clément à mes voeux! Attendris Cléobule, Ëros, et le conseille;
Incline vers moi son oreille :
Rends docile à ma voix ce cœur qui m'est fermé, lit fais qu'il m'aime, Ëros, autant qu'il est aimé!
ÉROS PLONGÉ DANS Ll£ VIN
Tressant en guirlande les roses Dont j'allais faisant mon butin,
I }6 LES tl'AVtS
Parmi les corolles écloses Je surpris Ëros un matin.
Prompt à le saisir par les ailes.
Dans ma coupe où brille le vin.
Tremblant, je le plonge et soudain Je bois le mélange divin.
Or, feitile en ruses nouvelles.
Voici que, captif en mon sein.
Des désirs réveillant l'essaim.
11 me chatouille de ses ailes.
EPITAPHE I) AKACREON
O vigne, dont le fruit sait adoucir nos peine Et verse avec l'ivresse en nous l'oubli des maux,
O plante aux verl lines,
O mère du raisin aux flexibles rameaux, Vigne! épanouis-toi sur la terre où repose Le doux Anacréon, le sage de Téo
Qui chanta le vin et la rose, L'ami cher à Cypris et cher au blond Eros;
Celui qui voyait sur ses traces Cheminer, souriant, le choeur décent des Grâces,
LUS AXACRtONTIQLLs 157
Et dont la lyre aux frais accords De l'Hadès désormais charme les sombres bords. 0 vigne qu'il aimait, verdis, souple et légère, De tes pampres verdis son cippe funéraire;
Suspends tes belles grappes d'or Sur sa tête endormie, afin que sous la terre
Ta liqueur réjouisse encor
La lèvre du divin poète,
Cette lèvre, aujourd'hui muette.
D'où jadis ont coulé, miel immortel de l'art,
Des vers plus doux que ton nectar.
D'.iprcs Simonidc.
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