‹ Poésies (volume 2)Chapitre 60 sur 91 · LE CHASSEUR · texte numérisé non relu

LE CHASSEUR

C'est un jeune chasseur. Tout le jour, hors d'haleine, Farouche, il a bravé les flammes de l'été. Prés de la source, enfin, sombre il s'est arrêté.

gards inquiets interrogent la plaine...

Seul, par les p:és fleuris, le cours d'eau se promène. « O bois! dit-il, jadis mes plus chères amours, Je veux la voir avant de vous fuir pour toujours!

<> La voir sans être vu. » Soudain, sur l'autre rive, Au galop du coursier la chasseresse arrive, Fière comme Diane, agreste en ses atours. De la route ses yeux sondent les verts détours. Qui donc la suit? craint-elle un témoin invisible ? Le cours d'eau par les prés coule clair et paisible.

Et le chasseur tressaille. Une arme est dans sa main.

Il tourne autour de lui des regards de Gain ;

Il couve à l'horizon sa haine la plus chère;

Sa lèvre aux plis nerveux sourit amèrement.

O solitude, 6 bois, sérénité, lumière!...

Le cours d'eau par les prés coule paisiblement.

I^S LES t l'A V I S

Il s'éloigne... il veut fuir à jamais ce rivage; M.iis sur la route il voit s'élever un nuage, Et son arme s'abaisse... un œil jaloux et sûr Ajuste... Le cours d'eau coule riant et pur; Un radieux silence assoupit le feuillage... Tout à coup, sous le ciel, un éclair a couru : Plus de nuage au loin! — personne n'a paru!

Imité de Miçkiéwicz.

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