‹ Poésies (volume 2)Chapitre 65 sur 91 · LA FORET COUPEE · texte numérisé non relu

LA FORET COUPEE

La foret est coupée. Adieu, nobles ramures, Bois sacrés que la brise emplissait Je murmures ! L'oiseau n'a plus son nid sous vos dômes touffus; Le fleuve dans ses eaux ne vous réfléchit plus.

Contre l'ardent soleil plus d'ombre hospitalière ; L'herbe abonde où passa la hache meurtrière. Vieux amis, leurs grands corps sont couchés à mes pieds ! Ce fut un arbre en fleur, ce tronc où je m'assieds !

Là-bas, sur la montagne aux retraites ombreuses, Nos ramiers ont porté leurs plaintes langoureuses; Le joyeux merle a fui ; tout se tait : — nulle voix Ne redit pour mon cœur la chanson d'autrefois.

Brises qui sur mon front jouiez avec la feuille, Vert silence des bois où l'âme se recueille. Abris mystérieux à mes rêves connus, O mes premiers amis! qu'étes-vous devenus?

i;.| LES ÉPAVES

Comme vous, bois sacrés, couché dans la poussière, De l'herbe sur mon sein, sous m.i tête une pierre, Bientôt je dormirai! — mais, plein des jours pa Qui me rendra les pleurs que sur vous j'ai versés?

Qu'importe! Hâtez-vous, fugitives années!

Hâtez-vous ! l'heure est vide et mes fleurs sont fanées. Pourquoi, tombeau vivant, survivre à ses beaux jours? Mon cœur est le sépulcre où dorment mes amours.

Imite Je Cowper.

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