‹ Poésies (volume 2)Chapitre 66 sur 91 · LE SOLDAT · texte numérisé non relu

LE SOLDAT

On marche aux sons voilés du tambour. Sur la plaine Le soleil luit; l'oiseau vole au bord du chemin. Oh! que n'ai-je son aile! oh! que la vie est pleine De tristessel Mon cœur se brise dans mou

Au monde je n'aimais que lui, mon camarade, Que lui seul, et voici qu'on le mène à la mort. Pour le voir fusiller défile la parade; Et c'est nous, pour tirer, nous qu'a choisis le sort.

ÉTUDES POETIQUES I 5 j

On arrive : ses yeux contemplent la lumière De ce soleil de Dieu qui monte dans le ciel... Mais d'un bandeau voici qu'on couvre sa paupière : Dieu clément, donnez-lui le repos éternel!

Nous sommes neuf en rang, déjà prêts sous les armes.

Huit balles l'ont blessé; la mienne, — de douleur

Leurs mains tremblaient, leurs yeux visaient mal sous les larmes,

La mienne l'a frappé juste au milieu du cœur.

Imite Je l'allemand.

riIELLY LA BLONDE

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