I . Phelly, Heur de mon âme
Aux heures du silence et du soir embaumé, Quand la rose des nuits ouvre au zéphyr sa feuille, Ton souffle est plus suave, 6 mon doux bien-aimé, Que la senteur du chèvrefeuille.
Aux largesses du sort chacun reve à son tour : L'un aspire à la gloire, et l'autre à la fortune. Mon ciel n'a qu'une étoile, et ma pensée est une, Et c'est Phelly, ma blonde amour!
Que sont les biens du monde et tout l'or de la terre? La mouche au bleu corsage a plus de prix pour moi. Oh ! mon bien le plus doux, ma gloire la plus chère, C'est toi, mou bien-aimé, c'est toi !
Imité de Burns.
r III LIS LA BELLE
Des grands blés verts quand l'alouette Montait vibrante dans l'azur, Sur l'herbe où croit la violette, Du printemps je buvais l'air pur.
Par-dessus les hautes montagnes Regardait l'œil d'or du soleil; Au loin souriaient les campagnes :
« Tels ton sourire et ton réveil, -je, ô ma i Philis la belle! »
Du fleuve égayant les rivages,
Les nids chantaient sous les buissons;
. dans les trèfles sauvages, Muet, j'écoutais leurs chansons.
Suave et des zéphyrs bercée, La rose ouvrait sa vierge fleur; Son front penchait sous la rosée :
« Telles ta grâce et ta fraîcheur, Disais-je, 6 ma rebelle, Philis la belle! o
Les ramiers sous l'allée ombr> Se disaient leur félicité; Ivres d'aimer, leur voix heureuse Semblait gémir de volupté.
« Sous ce beau ciel baigné de flamme, doux mois cher à l'Amour, un. i s'amollir ton âme Et ta voix gémir à son tour, Disais-je, 6 ma rebelle, Philis la belle! .»
Imité de IHinib.