HORACE
1 l est souillé, le sol sacré de la patrie I Nos cités, nos moissons, nos champs sont saccagés; Les toits fument ! Debout pour la sainte tuerie ! Frappez! fauchez! hachez! des deux mains égorgez!
Ils descendent du nord, Vandales d'un autre âge, Semant partout le meurtre et le crime et le vol. De la terre des Franks ils révent le partage : Purgeons de leur présence et vengeons notre sol !
2 I S LES tP A V E S
Derrière et devant eux, brillez! faites le vide! Enfermons ces bandits dans un désert sans lin ! La flamme et la famine à cette horde avidel Que tous, hommes, chevaux, que tous crèvent de faim !
Us sont venus, eh bien! qu'ils restent! Terre altière, France, ouvre-toi sous eux et te referme après! Qu'il n'en sorte pas un vivant de ta frontière ! Notre vieux sol gaulois avait besoin d'engrais.
Lcoutez ces sanglots des enfants et des veuves, Ces cris de nos soldats en leur fleur moissonnés... Pour tout ce sang, du sang! Que l'onde de nus fleuves Roule en monceaux les Huns dans leurs flots profanés !
Dix contre un, ils s'en vont dévastant nos campagnes ; La bombe incendiaire éventre la maison; Des plaines aux cités, des hameaux aux montagnes. Leur sinistre passage empourpre l'horizon.
Sus aux envahisseurs! Sus aux hommes de pro La guerre des buissons! la guerre des taillis!
ons-les! plongeons-nous dans l'implacàbli De tuer pour sauver OU venger sou |
Jeunes et vieux, debout pour la lutte des braves! I emmes, les Huns verront que vos seins, que vos lianes N'ont point porté, n'ont point allaité des esclaves! Loups de la Gaule, à vous leurs cadavres sanglants!
r O 1 M E S NAI'IO N AUX 219
Qpe veulent-ils? Détruire, exterminer la race Des Latins, démembrer le pays des aïeux Et, joignant le cynisme à la haine vorace, Assassiner un peuple à la face des deux !
Frapper Paris ! éteindre un des flambeaux du monde ! Décapiter la France! ô rêve monstrueux! Voilà ce que l'Europe, en sa stupeur profonde, Souffrirait... sans bondir et se ruer contre eux!
Ainsi donc plus de droit humain, plus de justice! La force est tout ! honneur aux Teutons ravageurs !... Sacrilège abandon et lâcheté complice!
Au ban des nations ces hordes d'égorgeurs!
D'un même sang issus, peuples, race latine, Venez armés du fer, venez armés du feu ! Cause commune, enfants de commune origine! La France est l'avant-garde et le soldat de Dieu !
Contre la barbarie épousez sa bannière!
Prenez place en nos rangs! guerre au dévastateur! Vous êtes le Progrès, les Arts et la Lumière, Soyez aussi le Droit au fer libérateur!
Du fond de ses marais l'engeance féodale A vomi sous nos murs son python couronné. Si nous n'écrasons pas du pied l'hydre vandale, Civilisation, ton règne est terminé!
PAVES
Entre l'ombre et le jour, entre l'homme et la bête,
La lutte est sans merci, la mort doit la finir! Latins, accourez tous à l'héroïque fête! En sauvant le présent vous sauvez l'avenir!
Mais qu'ils viennent ou non, France chevaleresque, Fais ton devoir ! combats pour tous! et haut les coeurs ! Châtie en la domptant l'arrogance tudesquel Que le sol des vaincus dévore les vainqueurs!
Berceau de Jeanne d'Arc, valeureuse Lorraine, AKace, Laon, Strasbourg, en décombre changés, Pays qui n'êtes plus qu'une fumante arène, I.a France se relève et vous serez venges!
Après vingt ans, la France, asservie et flétrie, A reconquis son âme avec s.i liberté!
Elle s'apprête au grand combat de la patrie : Elle y retrouvera la gloire et s.i fierté !
De Valmv, d'Iéna, de cent autres batailles, Vous les héros, grands murts à vaincre accoutume , (lue votre âme guerrière au jour des représailles, Que votre âme revive en nos cœurs enflammés I