U'K.E VIOLETTE
LJ E nos pensera muets odorant interprète, Fleur de ma bien-aimée, ô douce violette, Fleur chère à nos amours et non moins qu'eux discrète, Va trouver ma Rêveuse au front pâle et charmant, Va parfumer son sein de ton souffle embaumant. Va mourir sur son cœur, ô fleur que je respire ! Dans tes chastes senteurs qu'un peu de moi transpire : Dis-lui bien... dis-lui tout ce que je ne sais dire Ni ne sais taire entièrement.
Au poète Auguste Desplaces.
V^UAND l'insecte a rongé brin à brin, feuille à feuille,
La plante dont la fleur l'abrite et le recueille,
Défaillant, mais fidèle à l'arbuste tari,
Il ne va point ailleurs chercher sa nourriture;
Sans sève, de la faim subissant la torture,
Il tombe et meurt avec la fleur qui l'a nourri.
Poète, ainsi fidèle à la tige choisie, Nourri des sucs de l'art et de la poésie, Oii ! ne quittez jamais votre sacré rameau ! Fuyant la plante grasse au front lourd et morose, Ne vous suspendez point aux feuilles de la prose : Mourez plutôt, mourez sur l'arbre saint du beau !