‹ PoésiesChapitre 36 sur 48 · LE JOUR · texte numérisé non relu

LE JOUR

Revois-tu dans ton âme, ô bengali, mon frère I Le mont, le bois, la plaine au verdoyant tapis? Vois-tu sous les grands vents onduler la rizière? Sous le soleil vois-tu frissonner les épis?

Avec l'aube laissant ton nid sous la ramée, Te sens-tu, plein d'accords, frémir d'aise et chanter? Et moi, debout là-bas dans la plaine embaumée. Pour entendre ton chant me vois-tu m'arrêter?

Sur quelque tige molle et des brises bercée, Oiseau suave, aux bois tu dis tes plus doux airs; Et moi, poète encor sans voix pour ma pensée. Je m'instruis à ton chant dans l'art sacré des vers.

Sous les hautes forets, près des flots, sur les cimes. J'erre, songeur épris des couleurs et des sons; Au lieu de fleurs, je vais cueillant partout des rimes, Dont un jour j'ornerai mes sereines chansons.

Alors, ô barde ami 1 ma voix, humble rivale. Pour dire aussi mon île à ta voix s'unira ; Et, lorsqu'ils te loueront sur la terre natale, De moi peut-être alors quelqu'un se souviendra.

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