SI
gtierons la porte par l'allée des Palmistes, cette merveille des Pamplemousses !
De chaque côté s'élancent sur une seule ligne les troncs sveltes et lisses des palmiers, vivante colonnade que les froides imitations de l'homme ne sauraient jamais égaler. Leurs gracieux éventails se marient en tous sens, et ne laissent tomber sur la mousse fine du sol qu'une lumière tamisée et blonde ; je ne sais quelle molle tiédeur s'exhale de partout et vous enveloppe d'un indéfinissable sentiment de bien-être. Je m'enivrais des voluptés de l'air, de la brise et des bois. Il y a dans la nature quelque chose de doux et d'apaisant que les âmes troublées seules connaissent : quelles agitations ne se calmeraient en face d'une telle sérénité ! « Un poète serait bien sous cette forêt de palmes, disais-je, tout en marchant, à ma compagne de promenade. Q.uelle virginale source d'inspirations ne trouverait-il pas ici ! — Vos sites, souvent décrits, ont été peu chantés encore; puisse la voix douce des muses en dire un jour les beautés !... » Tandis que nous devisions de la sorte, et comme si le hasard avait voulu répondre à l'un de mes souhaits, nous aperçûmes ;i peu de distance de nous le jeune poète étranger que nous avions déjà rencontré près de la rivière des Lataniers. Debout contre un des palmistes de l'avenue, il paraissait vaguement nous observer. Son regard, suivant dans tous ses caprices l'enflmt qui courait à nos côtes, semblait sourire à une heureuse pensée. Il y avait sur ses traits, dans son attitude, dans toute
sa personne, je ne sais quoi de triste et de reposé. Je n'avais point oublié la brusque sauvagerie avec laquelle il nous avait tantôt évités sur la grand' route ; mais notre présence, cette fois, ne parut pas l'effaroucher. Il nous salua à notre passage, et, après nous avoir suivis quelque temps des yeux, il s'enfonça à pas lents sous l'un des massifs de l'allée. Peu de minutes après, nous étions en voiture et sur le chemin de la ville.
Cette rencontre sous les palmiers, le charme d'une course matinale à la campagne, les mille souvenirs éveillés par la vue de ces lieux où mon imagination s'était tant de fois égarée sur les pas de Virginie, remplirent ma pensée pendant les heures du retour. Arrivé au Port-Louis, j'ai cherché à fixer dans quelques stances les impressions de ma promenade. Je vous les envoie, madame, en réclamant votre entière indulgence pour mes lignes rimées. Peut-être compléteront-elles à vos 5'eux tout ce qui manque à cette lettre; mais j'aime à m'assurerqu'à défaut d'autre mérite elles auront toujours pour vous celui d'avoir été inspirées par vos poétiques et chères Pamplemousses.
P.ige 29. ■ — Le Sainte a vu...
Montagne de Bourbon. Elle occupe tout le centre de l'ile.
Page 29. — Le Piton géant de notre ih.
Le superbe Piton des Neiges est le point culminant du
mont S.ilaze. Il s'élève à 3,i)0 mètres au-dessus du niveau de la mer. C'est la cime la plus élevée de l'ile.
Page 45. — Le Pilon d'Anchaiiie.
Le nègre Ancliaine a laissé son nom au piton ou morne sur le sommet duquel il a passe, dit-on, une vingtaine d'années. A cette époque, l'intérieur de l'île était à peine connu. Les montagnes et les forets de cette partie de Bourbon étaient pour les noirs fugitifs un abri sûr et presque inaccessible aux poursuites des plus intrépides chassetirs-aux-marrofis.
Page 44. — la jani-rose oJcianle.
Le Jam-rosa (Eugenia L.) porte un fruit sphérique dont la pulpe a la couleur, le goût et le parfum de la rose.
Page 51. — Rolnnel de la Serve.
C'est grâce à M. de la Serve et à quelques autres colons que nous avons désormais un conseil colonial. Aujourd'hui notre pays peut faire connaître ses besoins à son gouverneur par la voix de ses propres fils; et il n'est plus exposé comme jadis à se soummettre à l'arbitraire de quelque capitaine de vaisseau envoyé par la métropole.
Page 64. — Et l'iithiavl leur miel aux Heurs de Salarie.
Salazie. — Q.uartier de l'ile Bourbon, habité depuis fort peu d'années seulement. Il est situé au milieu des montagnes de l'intérieur et au pied du mont Salaze; c'est dans cet endroit que se trouvent les eaux thermales les plus fréquentées de l'ile.
Page 154. — La complaitite du nègre el du hcbre africair:.
Bobre. — Instrument de musique en usage chez les nègres.
Page 135. — Le lelcliy balançant...
Le letchy (Euphoria) est d'origine chinoise ; son fruit pend par grosses grappes, et il est enveloppé d'une ècorce rosée et rugueuse qui recouvre une pulpe dont le goût rappelle le
Page 135. — Je iiic rappellerai les IwJs de la Dumas. La Dumas prend sa source au pied du mont Salaze et coule .'1 l'est de l'ile Bourbon.
Page 514. — Au pied de la iiwntaave austère.
Le morne ou cap Bernard abrite et ferme au couchant, la ville de Saint-Denis, capitale de l'ile Bourbon. A ses pieds, où la mer déferle, sont disséminées, à l'ombre des filaos (l'arbre mélancolique entre tous), les tombes de l'ancien cimetière de Saint-Denis. Cette solitude sévère et calme est visitée par les mauves et les palombes, par l'oiseau de terre et par l'oiseau de mer