LES FILLES T) E L^ TE%%E
Lies filles de la terre ont dit aux fils des hommes : « Tout se fane et s'éteint sur la rive où nous sommes. Une heure vient, plus sombre, où dans l'urne des fleurs Le ciel ne verse plus sa lumière et ses pleurs, Où le vent qui s'éveille avec l'aube nouvelle Dans leurs soufiles d'odeurs ne baigne plus son aile. Tout passe! la vertu, cette rose du ciel, Seule ici-bas connaît un printemps éternel. Comme les rejetons de leurs tiges prospères, Vous vivez, vous croissez à l'ombre de nos pères. Vos rameaux, à leur tour, grandissants et plus verts, Ombrageront leurs fronts blanchis par les hivers. Nos mères, saint trésor d'amour et de tendresse, Comme un pampre doré que son doux poids affaisse,
S'inclinent sous l'orgueil de leur fécondité, Rendant grâce au Seigneur de leur postérité. S'il nous est doux d'aimer nos pères et nos mères, Il nous est doux aussi de vous aimer, nos frères! »
^o'cÉAN, Océan, sur la haute falaise, Pourquoi viens-tu rouler et battre sourdement? De tes flots soulevés que la clameur s'apaise ! N'assombris plus les airs d'un lourd gémissement. Pour endormir ta vague inquiète et jalouse, La terre ouvre son lit de sable ou de pelouse : Viens de ton onde émue embrasser ton épouse, Viens calmer dans ses bras ton grand cœur irrité. Que ta colère tombe et que ton flot s'épure ! Et que ton sein puissant, qu'un ciel profond azuré. Ne laisse entendre au loin qu'un long et doux murmure, Murmure de la force et de la volupté !