LIVRE Uf
Voyez des bords de Loire et des bords de Garonne Jusques à ce rivage où Thétis se couronne
De bouquets d'orangers , A qui ne donnez- vous une heureuse bonact»,
Loin de toute menace Et de maux intestins, et de mau\ étrangers?
Où ne voit-on la paix, comme un roc affermie, Faire à nos Géryons détester l'infamie
De leurs actes sanglants; Et la belle Gérés, en javelles féconde,
Oter à tout le monde La peur de retourner à l'usage des glands ?
Aussi dans nos maisons, en nos places publiques, Ce ne sont que festins, ce ne sont que musiques
De peuples réjouis; Et que l'astre du jour ou se lève ou se couche ,
Nous n'avons en la bouche Que le nom de Marie et le nom de Lonis.
Certes une douleur quelques âmes afflige, Qu'un fleuron de nos lis séparé de sa tige
Soit prêt à nous quitter; Mais, quoi qu'on nous augure et qu'on nous fasse craindre,
Élise ^ est-elle à plaindre D'un bien que tous nos vœux lui doivent souhaiter?
). La prjucesse Llisabelli Ldit.
212 l'OISIKS.
Le jeune deiui-dieii qui jtoui elle s()U[)in' l^c la fin du Couchant lerniiiic son empire
Kn la source du jour ; Klle va dans ses bras prendre part à sa gloire;
Quelle malice noire Peut sans aveuf^lement condamner leur an)our.'
11 est vrai qu'elle est sage, il est vrai qu'elle est ixilt Et notre affection pour autre que [lour elle
Ne peut mieux s'emplo>er.
Aussi la nommons-nous la Pallas de cet ûge;
Mais que ne dit le Tage De celle qu'en sa place il nous doit envoyer ?
Esprits mal avisés, qui blâmez un échange Où se prend et se baille un ange pour un ange,
Jugez plus sainement. Notre grande bergère a Pan qui la conseille ;
Seroit-ce pas merveille Qu'un dessein qu'elle eût fait n'eût bon événement.'
C'est en rassemblement de ces couples célestes Que si nos maux passes ont laissé quelques restes,
Ils vont du tout finir.
Mopse ', qui nous l'assure, a le don de prédire;
Et les chênes d'Épire Savent moins qu'il ne sait des choses à venir.