‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 149 sur 162 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

Ainsi trompé de mon attente.

Je me consume vainement, Et les remèdes que je tente Demeurent sans événement.

Toute nuit enfin se termine; La mienne seule a ce destin , Que d'autant plus elle chemine, Moins elle approche du matin.

Adieu donc , importune peste , A qui j'ai trop donné de foi.

Le meilleur avis qui me reste, C'est de me séparer de toi.

Sors de mon ame, et t'en va suivre Ceux qui désirent de guérir.

Plus tu me conseilles de vivre, Plus je me résous de mourir.

•)7« l'orsiKs.

KKAGMEM

Tantôt nus uaNiies, braves ' De la dépouille d'Alger, 'Viendront les Mores esclaves A Marseille décharger; Tantôt, riches de la peitc De Tunis et de Diserte , Sur nos bords étaleront Le coton pris en leurs rives, Que leurs pucelles captives En nos maisons fderont -.

t. strophe i(marqual)le , rlsns le vrai goût des anciens. J'aime ^/v/fcv de 1(1 dépouille , quoique vieilli. lUches de lu perte cs\ une expression heureuse et horalionne ; la tin est cbarmanle et bien antique.

\. Chesikk.

2. Ce mot pucelles est p.irriiitenient placé là. Filles n'eût pas été si bon; et si la slropbe eût été écrite dans le dernier siècle, il nuiail né<essairement fallu mettre viers^es. C'est une des circonstances les plus humiliantes de la caplivilé, que de jeunes pucelles soient réduites à îles occupations serviles au moment où le mariajie les attendail, et oii elles allaient faire usape de leur péni ble v irpinité :

Ouœ tibi vir{;inum sponso necato, Barbara serviet IIor*c,k

.IVRK IV. 279

STANCES

Quoi donc! ma lâcheté sera si criminelle,

Et les vœux que j'ai faits pourront si peu sur moi,

Que je quitte ma dame, et démente la foi

Dont je lui promettois une amour éternelle?

Que ferons-nous, mon cœur? Avec quelle science Vaincrons-nous les malheurs qui nous sont préparé Courrons-nous le hasard conune désespérés, Ou nous résoudrons-nous à prendre patience ?

Non, non, quelques assauts que me donne l'envie Et quelques vains respects qu'allègue mon devoir. Je ne céderai point que , du même pouvoir Dont on ra'ôte ma dame , on ne m'ôte la vie.

Mais où va ma fureur? Quelle erreur me transporte De vouloir en géant au\ astres commander ? Ai -je perdu l'esprit, de me persuader Que la nécessité ne soit pas la plus forte ?

m) POESIES

Achille, à (jiii la Grèce a donné cette niai<iue, D'avoir eu le courage aussi haut que les cieux , Fut en la môme peine, et ne put faire mieux Que soupirer neuf ans dans le fond d'une barque

Je veux , du même esprit que ce miracle d'armes ,

Chercher en quelque part un séjour écarté,

Où ma douleur et moi soyons en liberté,

Sans que rien qui m'approche interrompe mes larme:

Bien sera-ce à jamais renoncer à la joie , D'être sans la beauté dont l'objet m'est si doux ; Mais qui m'empêchera qu'en dépit des jaloux , Avecque le penser mon ame ne la voie ?

Le temps, qui toujours vole et sous qui tout succombe Fléchira ce|)endant l'injustice du Sort ; Ou d'un pas insensible avancera la mort, Qui bornera ma peine au repos de la tombe.

La Fortune en tous lieux à l'homme est dangereuse ; Quelque chemin qu'il tienne, il trouve des combats; Mais des conditions que l'on voit ici-bas, Certes celle d'aimer est la plus mallieureuse.

\. le poète sf Irompc; il n'y resta que quelques mois Kpit.

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