‹ Poèsies. Avec un commentaire inéditChapitre 150 sur 162 · QUI FUT ASSASSINÉ · texte numérisé non relu

QUI FUT ASSASSINÉ

Belle ame, aux beaux travaux sans repos adonnée, Si, parmi tant de gloire et de contentement, Rien te fâche là-bas, c'est l'ennui seulement Qu'un indigne trépas ait clos ta destinée.

Tu penses que d'Ivry la fatale journée, Où ta belle vertu parut si clairement , Avecque plus d'honneur et plus heureusement Auroit de tes beaux jours la carrière bornée.

Toutefois, bel esprit, console ta douleur; Il faut par la raison adoucir le malheur, Et telle qu'elle vient prendre son aventure.

Il ne se fit jamais mi acte si cruel ;

Mais c'est un témoignage à la race future ,

Qu'on ne t'auroit su vaincre en un juste duel.

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EPITAFIIK

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QLl -MOIRIT AOK PE CENT ANS.

N'attends, passant, que de ma gloire Je te fasse une longue histoire, Pleine de langage indiscret.

Qui .se loue irrite l'envie.

Juge de moi par le regret Qu'eut la Mort de ni'ôter la vie.

LlVRt: IV. 283

FRAGMENT

FIN D UNE ODE POl U LE ROI,

Je veux croire que la Seine Aura des cygnes alors Qui pour toi seront en peine De faire quelques etforts; jMais, vu le nom que me donne Tout ce que ma lyre sonne, Quelle sera la hauteur De l'hymne de ta victoire, Quand elle aura cette gloire, Qiie Malherbe en soit l'auteur :

^. Belle strophe. Les premiers vers sont charmants par l'image et par Pallusion. Au reste, il paraît que ces vanteries poétiques étaient dans Malherbe une simple imitation des anciens, principalement des lyriques. Il avait prévu qu'il pourrait terminer plusieurs ories par quelques strophes de ce genre, que l'enthousiasme et le délire rendent excusables et même aimables dans les grands poètes; et, pour cet effet, il s'était sans doute exercé à les tourner de plusieurs manières, afln de les trouver toutes prêtes et de les clouer au besoin

C'est ainsi, mais avec moins de succès, qu'il avait pris une maîtresse poétique, une dame de ses pensées, à qui il pût adresser ses vers d'amour. Mais ces vtrs-là même prouvent qu'il n'a jamais aimé. Ce sont de froides et galantes fadaises qui n'ont aucun poison, et le jeune amoureux peut les lire sans danger. V. Chemer.

284 l'OKSlLS.

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