LIVRE I
De tes peuples mutins la malice a détruite , Par un heur éloigné de tout penser humain.
Jamais tu n'as vu journée
De si douce destinée;
Non c^Ue où tu rencontras
Sur la Dordogne eu désordre
L'orgueil à qui tu fis mordre
La poussière de Coutras.
Cazaux, ce grand Titan, qui se moquoit des deux ', A vu par le trépas son audace arrêtée, Et sa rage infidèle aux étoiles montée. Du plaisir de sa chute a fait rire nos yeux.
Ce dos chargé de pourpre et rayé de clinquants , A dépouillé sa gloire au milieu de la fange, Les dieux qu'il iguoroit ayant fait cet échange Pour venger en un jour les crimes de cinq ans. La mer en cette furie A peine a sauvé Dorie ^ ; Et le funeste remords, Que fait la peur des supplices , A laissé tous ses complices Plus morts que s'ils étoient morts.
i. Ces qualre vers sont de la plus grande beauté ; surtout le dernier, qui est dune harmonie, dune hardiesse, d'une richesse et d'une vérité d'expression qui ne se peuvent trop louer. Racine na pas mieux fait.
K. Chemer.
2. Charles Doria, Génois qui commandoit les galères dTspague que Casaux devait introduire dans le port de Marseille, i-.im.
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STANCES
Enfin cette beauté m'a la place rendue < , Qu'elle avoit contre moi si long temps défendue; Mes vainqueurs sont vaincus; ceux qui m'ont fait la loi La reçoivent de moi.
J'honore tant la palme acquise en cette guerre, Que, si victorieux des deux bouts de la tene. J'avois mille lauriers de ma gloire témoins ^, Je les priserois moins.
Au repos où je suis tout ce qui me travaille, C'est le doute que j'ai qu'un malheur ne m'assaille. Qui me sépare d'elle, et me fasse lâcher Un bien que j'ai si cher.
4. Ce penre de strophe à rime pl.ite, composée de trois grands vers cl d'un petit, est malheureux et fade à Toreille. Ce n'est pas le seul exemple qu'il y en ait dans Maltierbe. A. Ciiemeii.
2 <:e vers peut avoir fait naître le beau vers de Bérénice : « Et ces lauriers encor témoins de sa victoire. »